L’Assomption de Marie


Le théologien lovanien qui jouera un rôle important au Concile Vatican II en tant que secrétaire de la Commission doctrinale, Gérard Philips, rappelle ainsi la définition dogmatique de l’Assomption de Marie :
« L’attention de l’univers catholique s’est concentrée durant ces trois dernières années sur le “nouveau dogme” défini par Pie XII le 1er novembre 1950, dans un cadre d’une solennité extraordinairement impressionnante. Aucune des centaines de milliers de spectateurs, attirés par une vision presque céleste, n’oubliera cette ouverture de la vie après la mort dans nos conditions terrestres ». Un jour mémorable dans l’histoire de l’Église catholique, celui de la définition dogmatique d’une vérité qui ne doit pas être oubliée. Ensuite, en présence et en communion avec le collège cardinalice, avec 700 évêques et devant la foule des circonstances exceptionnelles, Pie XII interpréta avec des paroles pleines de sagesse la solennité du moment :
« Tant agités par les battements de vos cœurs et l’émotion de vos lèvres, les pierres mêmes de cette basilique patriarcale vibrent et, avec elles, s’enjouent en un hommage émouvant, levées partout en l’honneur de l’Assomption ».
Cependant, ce jour n’est pas venu sans préparation. Aucune réalité ecclésiale ne s’improvise, car la croissance de l’Église, véritablement par l’effort de l’Esprit, est le fruit d’un engagement de tout le peuple de Dieu. Les trois facteurs principaux du développement des dogmes sont indiqués au Vatican II :
Cela s’applique à l’Immaculée Conception, qui ne peut être expliquée sans la foi intuitive des personnes, par laquelle « péché et Mère de Dieu » sont des réalités incompatibles, sans la contribution éclairante des théologiens, en particulier de Duns Scotus avec son argument du médiateur le plus parfait, et sans la contribution du Magistère, d’abord en modérant puis en conduisant à la définition dogmatique de 1854. Le même processus, bien que de manière moins controversée et plus proactive, se trouve dans l’histoire du dogme de l’Assomption. Même là, il n’y a pas de manque de difficultés, mais elles sont finalement surmontées par le Magistère suprême de l’Église. Nous allons ensuite passer à la lecture théologique de la Bule *Munificentissimus Deus*.« Par conséquent, après avoir adressé à Dieu de multiples prières et invoqué la lumière de l’Esprit de vérité, pour la gloire de Dieu tout-puissant qui a accordé sa bienveillance particulière à la Vierge Marie, pour l’honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, pour l’augmentation de la gloire de sa mère auguste, et pour la joie et la célébration de toute l’Église, nous proclamons, déclarons et définissons, par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, qu’il est divinement révélé que la Mère immaculée de Dieu, la toujours Vierge Marie, après avoir achevé sa vie terrestre, fut assise, en corps et en âme, à la gloire céleste. »*Munificentissimus Deus* (44)DE FIORES, Stefano. MEO, Salvatore (dir.). *Maria: Nouveau Dictionnaire de Mariologie*. Bologne : EDIZIONI DEHONIANE, 2006.Constitution Dogmatique *Dei Verbum*. Petrópolis : Voix, 1969.Constitution Apostolique *Munificentissimus Deus* du Pape Pie XII, 1950. Disponible en ligne : https://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/apost_constitutions/documents/hf_p-xii_apc_19501101_munificentissimus-deus.htmlApprofondissez vos connaissances mariales : étudiez la mariologie avec rigueur académique, connaissez tous les dogmes mariaux et la théologie mariale à l’Institut Locus Mariologicus. Inscrivez-vous à la Maîtrise en Mariologie.Cette tradition apostolique progresse dans l’Église sous l’assistance du Saint-Esprit. En effet, elle progresse dans la compréhension des choses et des paroles transmises, soit par la contemplation et l’étude des fidèles qui les méditent dans leur cœur (Lc 2, 19-51), soit par la compréhension intime qu’ils en ont des choses spirituelles, soit encore par la prédication de ceux qui, avec la succession de l’épiscopat, ont reçu le charisme de la vérité. ( Dei Verbum 8)
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Les fondements du dogme
La définition de 1950 ne découle pas d’une nouveauté, mais du sensus fidei – la foi concordante des pasteurs et des fidèles à travers les siècles. Avant de définir le dogme, le Saint-Siège a consulté l’épiscopat mondial (encyclique Deiparae Virginis Mariae, 1946) et a constaté un large consensus, soutenu par la piété mariale, la liturgie et le témoignage des Pères et théologiens – parmi eux Saint Jean Damascène, Saint Thomas d’Aquin, Saint Bonaventure et Saint Robert Bellarmin.
Comment s’est formée la foi en l’Assomption
La Sacre Écriture ne relate pas directement la fin de la vie de Marie. Plusieurs éléments ont été des canaux de cette foi : le témoignage d’Éphrem de Salamine (d. 403); les récits apocryphes appelés Dormition ou Transitus Mariae; la tradition du tombes de Marie au Gethsémani, où des fouilles ont révélé un tombeau du premier siècle; la fête de la Dormition, célébrée le 15 août depuis l’Antiquité; et les homélies patristiques des siècles VI-VIII (Modeste de Jérusalem, André de Crète, Germain de Constantinople, Jean Damascène).
Les raisons théologiques
L’Assomption est le crownement cohérent de toute la doctrine mariale : elle découle de l’union de Marie avec Christ, de sa maternité divine, de sa virginité perpétuelle, de sa pleine sainteté, et de sa Conception immaculée. Parmi les textes bibliques lus dans cette perspective figurent Gn 3,15, Lc 1,28, 1 Cor 15,20-23, l’image de Marie comme Arca de l’Alliance (Ap 11,19) et la « femme vêtue de soleil » d’Ap 12,1.
L’Assomption au Concile Vatican II
La Lumen Gentium (n. 59, 68) souligne la dimension ecclésiale : Marie Assumée est « image et début de l’Église qui doit être accomplie au siècle futur », signe d’espérance pour le Peuple de Dieu qui marche encore dans la foi.
Marie est-elle morte avant d’être assurée ?
Le dogme ne se prononce pas sur la mort de Marie. Une ancienne tradition l’en atteste et il y a eu une tendance « immortaliste ». Jean-Paul II, dans une catéchèse mariale, a assumé la tradition de la mort : si Jésus est mort, il est logique que la Mère ait partagé cette passage. Dans cette lecture, l’Assomption indique sa résurrection glorieuse anticipée.
Questions fréquentes
Quand est la fête de l’Assomption ?
Le 15 août.
Quelle est la différence entre l’Ascension et l’Assomption ?
L’Ascension est de Jésus, qui monte au ciel par sa propre vertu. L’Assomption est de Marie, élevée au ciel par don de Dieu.
L’Assomption est-elle dans la Bible ?
Pas directement. Elle s’appuie sur la Tradition vivante de l’Église, en lisant des textes comme 1 Cor 15, Ap 11-12 et l’image de Marie comme nouvelle Arca de l’Alliance.
Voir aussi
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