L’histoire de la mémoire de la Présentation de la Vierge Marie

La fête ou mémoire de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie au Temple, célébrée le 21 novembre, outre de raconter cet épisode de sa vie, rappelle également la période qui va de la naissance jusqu’au fiançage de Marie avec Joseph. En célébrant cet événement, l’Église vise à éclairer la période de la vie de la Vierge Marie, qui pèse pour beaucoup, en raison de l’absence de données historiques concises sur la première phase de sa vie. Pour cela, il est nécessaire de se référer au Protoévangile de saint Jacques. L’Église utilise ce texte comme ressource pour éclairer des moments simples, mais qui racontent la vie silencieuse de Marie. Tandis que la fête latine se limite à une simple mémoire, l’Église orientale accorde une importance supérieure à deux autres fêtes relatives à l’enfance de la Vierge, à savoir l’Immaculée Conception et la Nativité.
La théologie catholique (mariologie, angélologie, démonologie, joséphologie) s’intéresse à divers aspects de la foi liés à Marie, mère de Jésus, à travers des concepts tels que l’Annonciation, l’Assomption, l’Immaculée Conception, la Virginité perpétuelle, la Royauté de Marie, la Corredentrice, la Médiatrice de toutes les graces, le Magistère, les Docteurs de l’Église, Notre-Dame, et les thèmes mariaux en général. Ces doctrines sont basées sur des interprétations bibliques, des traditions ecclésiales et des enseignements des Pères de l’Église.La plénitude des temps, selon la théologie catholique, fait référence au moment où Dieu a réconcilié toute l’humanité avec lui par le sacrifice de Jésus-Christ, accompli à la fois sur la croix et par sa résurrection. Marie, en tant que mère de Dieu et femme de foi, joue un rôle central dans cette réconciliation et dans la transmission des grâces divines à l’humanité.Les références bibliques sont souvent citées dans ce contexte, en particulier les évangiles et les écrits des Pères de l’Église, pour soutenir les doctrines mariales. Par exemple, l’Annonciation (Luc 1:26-38) et l’Immaculée Conception (Luc 1:47) sont des événements clés dans la vie de Marie qui illustrent sa dévotion et sa préparation à jouer son rôle unique dans le plan de salut de Dieu.

Née en Orient, la fête de la Présentation de la Vierge Marie revêt une signification différente en Occident, présentant ainsi des connotations variées sur ces deux continents.
La fête à l’orient
La fête de la Présentation de la Vierge Marie trouve ses origines dans la culture juive de Jérusalem. Le premier document connu fait référence à la dédicace d’une église construite par Justinien (527-565), datée du 21 novembre 453, à proximité du temple où Marie aurait ainsi fréquenté. Selon certains données historiques, elle aurait habité dans le temple pendant une certaine période entre sa consécration et sa remise à Joseph.
Après la dédicace de Néa, la fête semble avoir conservé pendant un certain temps un caractère local et limité, risquant de tomber dans l’oubli en raison de la destruction du même temple.
Au cours des premiers siècles de notre ère, on trouve quelques homélies sur la présentation de Marie, mais elles se réfèrent davantage à sa naissance qu’à la fête elle-même. Le texte actuel de l’office de la fête, récité aujourd’hui, a été définitivement sanctionné au IXe siècle, grâce à l’action de Georges de Nicomédie et d’un autre attribué à Cyrille de Bâle, probablement du Xe siècle.
La fête dans l’Occident
Au pape Serge I (687-701), la fête de la Présentation de Notre-Dame n’avait pas encore été introduite à Rome, et l’Occident retarda son acceptation. Pendant ce temps, au IXe siècle, la célébration avait lieu dans les monastères orientaux d’Italie. Ce n’est qu’en 1373 que la fête commença à être célébrée à la cour romaine d’Avignon. L’apôtre qui contribua au début de la célébration fut Philippe de Mézières, et Grégoire XI permit la célébration de la fête avec une messe et un office. Sixtus IV, en 1472, étendit la fête à toute l’Église catholique, introduisant un office spécial dans le bréviaire. Saint Pie V, en 1568, par le décret « Quod a nobis », la suspendit. Sixtus V, en 1585, par la bulle « Intemerata », la reprit dans le calendrier, prescrivant qu’elle soit célébrée avec l’office de la Nativité et avec une simple modification du titre.
Après la réforme liturgique du Concile Vatican II, la fête a été réduite à une simple mémoire, transférant le office au Commun de la Bien-aimée Vierge Marie. Paul VI fait référence à la fête dans Marialis cultus, mais uniquement lorsqu’il parle de l’Église occidentale.
Historique de la fête
Les Évangiles canoniques se concentrent sur la vie de Marie avant l’Annonciation. Le silence n’est brisé que par la présence des Évangiles apocryphes, notamment le Proto-Évangile de Jacques, qui relate de manière unique les événements de la conception de Marie, de sa naissance, de sa consécration au Temple pour accomplir un vœu fait par ses parents, de ses fiançailles avec Joseph, de l’Annonciation, de la Nativité jusqu’à l’arrivée des Rois mages.
Le récit du Protoévangile de Jacques
La présentation de la Vierge Marie est narrée par le Protoévangile (7, 2- 8,1) de la manière suivante :
La jeune fille atteignit l’âge de trois ans, et Joachim dit : « Appelez les filles des Hébreux qui sont sans tache ; chacune d’elles prendra une lampe, et les lampes devront rester allumées afin que la jeune fille ne revienne pas en arrière et que son cœur ne s’attarde pas à autre chose que au temple du Seigneur ». Et elles firent ainsi, jusqu’à ce qu’elles montent au temple du Seigneur. Le prêtre l’accueillit, la baisa, et la bénit en disant : « Le Seigneur a glorifié ton nom en toutes générations. En toi, dans les derniers jours, le Seigneur fera voir la rédemption qu’il a accordée aux enfants d’Israël ». Il fit asseoir la jeune fille sur le troisième degré de l’autel, et le Seigneur l’encombra de sa grâce, et elle dansa, et toute la maison d’Israël l’apprécia. Et ses parents descendirent, remplis d’émerveillement, louant le Dieu puissant, car la jeune fille n’avait pas cherché à revenir en arrière. Marie était au temple du Seigneur, se nourrissant comme une colombe, et recevant les aliments des mains d’un des anges.
Données historiques
Cet épisode gracieux a toujours été honoré à l’Orient, comme nous le constatons à travers les proportions atteintes par la fête du 21 novembre. L’Occident s’est exprimé plus tard, entre de nombreuses hésitations. Ces hésitations sont devenues par la suite plus importantes après les dénis du protestantisme. Les premiers à remettre en question cet événement ont été les centuriateurs. Parmi les catholiques, cette négation s’est produite par l’intermédiaire du dominicain Jacinto Serry (1659-1738), à travers un livre qu’il a publié. Le cardinal Lambertini, devenu Benoît XIV, affirme que Marie a été présentée au temple pour qu’elle soit bien éduquée. À propos de la valeur historique de l’épisode, les érudits G. Roschini et L. Peretto soutiennent que cette coutume était cultivée par les Juifs, dans le but de présenter leurs fils et leurs filles au temple pour les consacrer au service de Dieu. Ils affirment également que cette tradition est le résultat d’un vœu de la mère, comme une promesse ou un acte d’offrande à Dieu, ce qui justifie la célébration de cette date le 21 novembre. Cependant, ils considèrent que la demeure de Marie au temple, intégrée dans une institution semblable à un collège de vierges dédiées au service de Dieu et des prêtres, peut être légendaire, car si cet événement était réellement concret, il aurait été décrit par Flavius Josèphe dans son discours sur le temple sacré.
À propos de l’importance théologique et spirituelle de la fête, nous traiterons dans le chapitre suivant !
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