Adamant

Adamâncio
Adamâncio e o testemunto mariológico patrístico, Locus Mariologicus

Adamantius

(IVe siècle)

Adamantius n’est pas le nom d’un auteur, mais d’un personnage du Dialogue sur la foi droite, faussement attribué à Origène et traduit en latin par Rufin d’Aquileia.

D’après l’analyse interne de la terminologie et des concepts, le Dialogue est placé par la critique après le Concile de Nicée, donc après 325, et il reprend plusieurs expressions de ce concile, mais dans la première moitié du IVe siècle.

Dans le Dialogue, Adamantius, les orthodoxes et certains disciples de sectes gnostiques, dont Marin, sont confrontés devant le modérateur païen Éutropius. L’œuvre est divisée en 5 livres, tous intéressés par ce qu’ils affirment sur la vraie Incarnation du Verbe. Les livres IV et V, du point de vue marial, sont les plus importants, car ils insistent précisément sur la réalité de l’Incarnation de Christ et révèlent et soulignent la maternité réelle et vierge de Marie. Le Dialogue présente des arguments qui deviendront communs contre les manichéens dans la seconde moitié du IVe siècle, concernant la non-indignité de l’Incarnation et du ventre d’une femme.

L’auteur utilise le terme Homoousios, clé du Concile de Nicée de 325 et de l’orthodoxie contre l’arianisme, qui nierait la consubstancialité de la Parole de Dieu avec le Père, et n’admettrait qu’une similarité. D’où on déduit que le De la foi droite en Dieu ne peut être antérieur à cette date.

De plus, il parle d’assumer l’homme au lieu de assumer la nature humaine. C’est la formule habituelle utilisée tout au long des IIIe et IVe siècles. Ce n’est qu’après les clarifications d’Éphèse en 431 et de Chalcédoine en 451 que l’on accorde plus d’attention au terme abstrait, car il est plus approprié pour montrer les deux natures, divine et humaine, unies dans la seule personne du Verbe.

(Dialogue sur la foi droite, I, 1. IV, V)

Adamantius : Je crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu, créateur et demiurge de l’univers, et que le Verbe de Dieu, provenant de Lui, est consubstentiel à celui qui est toujours et, dans les derniers temps, a assumé l’homme de Marie, et a été crucifié et ressuscité des morts.

Marin : Le sujet de la discussion est Jésus-Christ. Je soutiens qu’il a pris un corps céleste. Maintenant, dis ce que tu affimes.

Adamantius : Je dis qu’il l’a tiré de la même substance que le premier homme Adam, de laquelle nous venons également.

Marin : On commence par discuter si ce n’est pas honteux d’affirmer que le Verbe de Dieu a assumé la chair d’une femme.

Adamantius : Il serait honteux pour la divinité qu’une passion pût survenir à la Parole de Dieu.Marinus : Comment ?Adamantius : Tu dis qu’il est honteux d’affirmer que la Parole de Dieu s’est fait chair. Mais la divinité ne connaît pas la honte, ni ne cherche ni ne désire la gloire : ce sont des « passions ». Or, la divinité est incapable de passions. Mais je veux te poser brièvement une question.Marinus : Vas-y.Adamantius : Qui a créé l’homme ?Marinus : Dieu !Adamantius : Le Père du Verbe, c’est-à-dire de Christ ?Marinus : Le Père avec la Parole.Adamantius : Comment l’a-t-il créé ?Marinus : Comme l’écrit l’Écriture : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. Et Dieu prit la poussière du sol et forma l’homme ».Adamantius : Après avoir pris la poussière de terre, Dieu l’a-t-il amélioré ou détérioré ?Marinus : De toute évidence, pour le mieux !Adamantius : Or, si Dieu ne s’est pas honteux de prendre la poussière du sol et de faire du meilleur, pourquoi devrait-il se honteux de prendre celui qu’il a formé ?Marinus : Comment dis-tu cela ?Eutropius : As-tu dit, oui ou non, que cet homme a été fait de terre ?Marinus : Oui.Eutropius : Eh bien, la terre est-elle plus digne d’honneur et de gloire que l’homme ?Marinus : L’homme !Eutropius : Alors, c’est insensé de dire que Dieu ne s’est pas honteux de prendre la terre, mais du meilleur. Car si ce n’était pas honteux pour Dieu de prendre la poussière du sol, comment serait-il honteux pour Dieu de prendre l’homme fait à sa ressemblance ? (… )Marinus : Le même Verbe s’est fait chair, sans rien prendre en dehors.Adamantius : Mais la Parole de Dieu est-elle mutable ou immuable ?Marinus : Immuable ! (… )Adamantius : Si tu dis que le Verbe s’est fait chair, mais sans prendre une chair humaine, tu démontres qui est celui qui a souffert sur la croix.Marinus : Il a souffert, mais apparemment.Eutropius : Apparemment, c’est-à-dire de manière fantastique, pas dans la réalité.Adamantius : Si, apparemment, il a souffert et non dans la réalité, apparemment, Hérode l’a jugé, apparemment, Pilate s’est lavé les mains, apparemment, Judas l’a trahi (… ). Ainsi, le salut de l’humanité est tout apparence, pas réalité. Comment donc Christ dit-il de lui-même : Je suis la Vérité ? (… )Adamantius : Avant que le Verbe de Dieu ne descende et n’assume l’homme du ventre d’une femme, personne n’était monté au ciel. Mais après lui, ceux qui sont de Christ y sont également montés. En effet, l’Apôtre dit : « Christ, premier-né, puis ceux qui lui appartiennent » (1Cor 15,23). Mais l’Apôtre a prophétisé : « Celui qui est descendu est le même qui est monté » (Ef 4,10), pour montrer l’impassibilité et l’immuabilité de la Parole. En effet, celui qui est descendu est le même qui est monté, sans devenir autre chose que ce qu’il était : Dieu.Eutropius : Ces paroles (de l’Apôtre) valident la phrase d’Adamantius. Mais je veux que vous deux proposiez votre propre définition à ce sujet.Adamantius : Le Verbe de Dieu est descendu et a assumé l’homme de la Vierge Marie, sans tache, dans son ventre, et Christ est né sans union humaine, et il a été conçu par Marie par l’action du Saint-Esprit, celui qui s’est soumis à toutes les « passions » humaines pour sauver l’homme.Marinus : Pendant que l’homme souffrait, le Verbe était-il présent ou non ?Eutropius : Dis ta phrase en premier !Adamantius : Permettez-moi de répondre. Alors dis ta sentence. Oui, la Parole de Dieu était présente à l’homme, mais il ne s’est pas indigné : comme un diamant frappé par un fer, il reste ferme et, en fait, nuit à celui qui veut le endommager. Ou comme l’amiant jeté dans le feu reste intact et indemne, sans être endommagé. Mais même le feu coupé par un couteau ne se divise pas : car la solidité du feu, se retournant sur lui-même, reste indivise. Si les choses matérielles montrent leur force face à d’autres choses matérielles, elles ne peuvent pas périr, encore moins le Verbe de Dieu, qui par nature est impassible et immuable, a-t-il conservé les « passions » à distance de lui ? Mais si tu veux, je te montre par l’Évangile qu’il est né de Marie.Marinus : Nous reconnaissons également qu’il est né par Marie, mais pas à partir de Marie. En effet, tout comme l’eau passe par un tuyau sans emporter quoi que ce soit, la Parole est venue par Marie, mais pas à partir de Marie.Adamantius : Lisons l’Évangile !Eutropius : Lis !Adamantius : Lis ce que l’ange a dit à Marie : « L’Esprit Saint surviendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le Saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35).Eutropie : Peut-être diriez-vous que la voix de l’ange était également apparente. Mais que de plus vrai que cela, lorsque l’ange dit : « Par conséquent, aussi, le Saint qui naîtra de toi » ? Il n’a pas dit : « qui naîtra par toi », mais « à partir de toi ». Ce n’est pas insensé de dire : « comme par un tuyau » et d’affirmer que la Parole est passée par Marie, mais de nier qu’elle ait pris quelque chose d’elle ? Et si vous refusez cela pour une sorte de décence, comme si la divinité pouvait s’indigner ! Ne voyez-vous pas, Marin, que vous acceptez ce qui est le plus digne de honte, vous refusez ce qui est le plus digne et le plus digne du plan divin ? En effet, si le Verbe n’a pas trouvé honteux de passer par Marie, il n’a pas non plus trouvé honteux de prendre quelque chose d’elle. D’ailleurs, quelle nécessité avait-il de passer, s’il n’avait pas à prendre ?Adamantius : Si le Verbe n’a pas « assumé l’homme » de Marie, comment resteraient les paroles de l’Apôtre ? Comment pourrait-il être le premier-né parmi les morts, les premiers fruits de ceux qui dorment ?Pour approfondir le témoignage marial des Pères de l’Église, consultez l’encyclique « Redemptoris Mater » de Saint Jean-Paul II sur Marie dans la tradition chrétienne.Approfondissez vos études : explorez la Mariologie, la Théologie mariale, les Apparitions mariennes et le Diplôme de Master en Mariologie.

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