Mariologie et sophiologie sur le chemin de la beauté

Comme il a été clairement observé, il ne s’agit pas de réaliser de belles œuvres devant les hommes, mais de laisser briller la lumière qui resplendit dans les profondeurs et qui ne peut jaillir que d’une vie intérieure animée par la foi en le mort et ressuscité en Christ.
Seul en repensant cette perspective, la théologie peut peut-être se réinventer, au-delà de certains schémas formels, et redécouvrir la plénitude de la relation substantielle entre spirituel et matériel.
Il ne s’agit pas seulement de favoriser une interaction plus vive entre logique et émotion, désir et connaissance, raison et symbole, mais surtout de donner concrètement et forme intérieure à cette beauté qui crée toute communion. Ainsi, une beauté comme réalité spirituelle incarnée sensiblement dans la plénitude du don, de l’événement de la communion et de la relation personnelle. Accueillir cette beauté, fruit et incarnation visible de l’amour accompli, signifie accueillir et se laisser transformer à nouveau par la beauté pascale, qui rapproche la conscience de l’expérience de la communion fraternelle, comme mémoire éternelle du Ressuscité.
En contemplant l’expérience sophanique de Marie, nous voyons comment la beauté chrétienne peut être pensée et vécue comme expérience de sainteté, participation ontologique spéciale à la lumière divine capable de témoigner, dans la réalité historique terrestre, de la beauté céleste comme réalité.
En parcourant jusqu’au bout le chemin de l’ascèse filocalique, doctrine orthodoxe où la personne parcourt les trois états spirituels : katharsis (purification), theoria (connaissance de Dieu) et theosis (divinisation), qui signifie amour pour la beauté, avec au centre l’expérience de l’incarnation en Marie, on atteint la plus pure concrétisation de l’amour et de la réponse de l’homme à l’appel de Dieu à travers ce voici qui trouve sa réalisation, ce oui nuptial qui devient chair. C’est là la source de la sagesse en Marie, la sagesse de l’amour comme beauté parfaite.
Tandis qu’à l’Occident Marie est d’abord la Vierge, un être presque entièrement différent de nous, dans sa pureté céleste et libre de toute souillure charnelle, à l’Orient elle est toujours définie et glorifiée comme Théotokos, Mère de Dieu. Cette caractérisation est la plus courante et familière proposée principalement par la tradition liturgique vivante, l’hinoographie et l’iconographie qui la présentent avec leEnfant dans ses innombrables variations symboliques. Deux accents qui, bien qu’ils ne soient pas nécessairement mutuellement exclusifs, conduisent à deux conceptions différentes de la féminité de Marie dans l’Église et de son rôle.
Ce que le christianisme oriental entend mettre en avant, ce n’est pas tant un culte spécifique de Marie, mais la possibilité d’une rencontre de lumière et de joie, propres à toute vie de l’Église, mais qui se concrétise en Marie, s’offrant dans son universalité. En elle, comme un hymne orthodoxe chante, toute la création se réjouit.
Mais quelle est la source de cette joie ?
Quelle est la raison pour laquelle toutes les générations m’appelleront bienheureuse ?
Parmi les nombreuses réponses possibles, la théologie orthodoxe met en avant cette dimension : dans son amour, sa soumission, sa foi et son humilité, Marie accepte d’être le temple du Saint-Esprit, la divinité de Dieu. La Mère de Dieu consent à donner toute sa vie à l’Autre, la menant ainsi à sa pleine réalisation. En acceptant sans réserve la vie de l’Autre comme sienne, en se donnant entièrement à lui, elle devient l’expression parfaite de notre réponse à Dieu. Le véritable fruit de la joie et de la beauté.
Marie est vierge, mais cette virginité, comme soulignée par de nombreux théologiens orthodoxes, ne doit pas être comprise comme une négation de sa féminité et de son corps, ni comme une simple absence, mais comme la plénitude et l’accomplissement total de son expérience d’amour, la totalité du don de soi à Dieu. En réalité, l’amour est soif et faim de plénitude de sens, de réalisation complète, de virginité parfaite, au sens ultime attribué à ce terme dans l’Écriture : en fin de compte, l’Église sera présentée à Christ comme une vierge castée (2 Cor 11,2).
La virginité comme intégrité intérieure, pureté du cœur, est la finalité de tout amour authentique, non pas comme un rejet de la corporalité, mais comme sa pleine réalisation dans l’amour. Marie est Mère, et la maternité doit être comprise comme l’accomplissement de la féminité, car c’est l’accomplissement de l’amour en tant que créature qui se donne. En embrassant cette nature, elle a réalisé la féminité de la création.
Le mystère joyeux de la maternité de Marie ne s’oppose donc pas au mystère de sa virginité. C’est la même chose. Elle n’est pas mère malgré sa virginité. Au contraire, elle révèle la plénitude de la maternité car sa virginité est la plénitude de l’amour. La fin et la plénitude de toute vie, de tout amour, est d’accueillir Christ, de lui donner vie en nous. Voici l’origine d’une existence transfigurée par la beauté, une existence (celle de Marie) qui devient demeure de la beauté et trône de la Sagesse.
Le lien intime entre Sagesse et Marie (sofiologie et mariologie) est déjà présent dans l’acte constitutif original des Slaves orthodoxes, comme le révèle la Chronique des Temps Passés, concernant la construction de l’église Sainte-Sophie à Kiev (en 1037).

Par cette Chronique (à mi-chemin entre l’histoire et la dévotion), nous apprenons que les premières églises en Russie dédiées à la Sagesse divine

(modèle de Sainte Sophie à Constantinople), célébraient leurs fêtes dedicatoires lors des fêtes mariennes.

(Dormition et Nativité de la Vierge). De cette liaison spontanée qui s’est produite en Russie entre Sophie et la Mère de Dieu.
Sur ce fondement se trouve, sans aucun doute, la présence d’une culture biblique dans sa transition du Vieux au Nouveau Testament : « La sagesse a bâti une maison » (Psaume 9,1). L’image de la Sagesse personnifiée (Christ) qui construit une maison (l’Église) est ainsi interprétée à la lumière du dogme de l’Incarnation. Christ est incarné en Marie, la Mère de Dieu, donc la Mère de Dieu est, dans un certain sens, le Temple de Christ. La Sagesse peut alors être comprise tant comme Christ que comme l’Église de Christ, c’est-à-dire la Mère de Dieu. À partir de cette première trace, cette liaison entre Sophie et Marie prend forme et s’enracine dans toute la tradition spirituelle russe, abondamment évoquée par la liturgie et la hinographie, l’iconographie et de nombreux écrits spirituels, mystiques et théologiques.
Pour approfondir la réflexion sur la Mariologie et la Théologie de la Sagesse dans la voie de la Beauté, consultez l’encyclique *Redemptoris Mater* de Jean-Paul II, qui présente Marie comme la créature en qui la Sagesse et la Beauté divines resplendissent d’une manière unique.• **Enrichissez vos études :** explorez la Mariologie, la Théologie mariale, les Apparitions mariennes et le Diplôme de Master en Mariologie.Diplôme de Master en Mariologie
Voulez-vous approfondir votre formation en Mariologie ? Découvrez le Diplôme de Master en Mariologie de Locus Mariologicus, une formation académique qui allie rigueur théologique, vie spirituelle et tradition vivante de l’Église.
Découvrez l’image mariane la plus ancienne connue dans la Catacombe de Priscilla.
Responses