Magistère et révélations privées

Magistério e revelações privadas

Le Magistère de l’Église face aux révélations privées de Marie

Magistère et révélations particulières

Le décret par lequel Pie XI a déclaré héroïques les vertus de Sainte Gemma Galgani contient la clause suivante :

(Congregatio Rituum, Lucen in Italia: Beatificationis et canonizationis Servae Dei Gemmae Galgani Virginis saecularis. Super dubio. Anconstet de virtutibus dans les Actes de la Séance Apostolique 24 (1932), 57).

«par ce décret, il n’y a pas de jugement, tel qu’au passé, sur les carismes surnaturels de la Servante de Dieu»

Dans cette expression, l’incision revêt une importance singulière qui dépasse la cause spécifique traitée par le décret. Elle atteste la réserve habituelle de la Hiérarchie de l’Église sur les phénomènes susceptibles d’être croyés avec une foi purement humaine. La pratique établie par Benoît XIII distingue entre vertus et carismes et implique, de la part de la Hiérarchie, dans la procédure de canonisation d’un serviteur de Dieu, un jugement limité au caractère héroïque des vertus, excluant positivement visions, apparitions et révélations privées.

Cependant, dans certains cas, le Magistère intervient en accordant une approbation beaucoup plus favorable et étendue que d’habitude, qui consiste à permettre, selon les règles de la prudence, l’adhésion à des révélations privées probablement authentiques. La mémoire se tourne spontanément vers les révélations faites par le Seigneur Jésus-Christ à Sainte Marguerite Marie Alacoque et par la Vierge Marie à Sainte Bernadette Soubirous (Lourdes).Dans ces deux cas, par exemple, le Magistère a produit une abondance de documents de caractère universel qui rendent difficile l’explication de son approbation comme une simple permission générale, un genre de *nihil obstat*. Dans les deux cas cités, il y a eu certainement, de la part du Magistère, un engagement à soutenir à la fois le fait des deux révélations et leur authenticité, dans une mesure telle que l’opinion de certains théologiens qui ont même parlé d’*infalibilité* à ce sujet. Sans affirmer en bloc ce qu’ils affirment, mais sans oublier non plus l’enseignement autoritaire du Concile Vatican II sur la fonction doctrinale :> (*Lumen Gentium* 25).« La soumission religieuse de la volonté et de l’esprit est d’une manière particulière due au Magistère authentique du Pontife Romain, même lorsqu’il n’intervient pas ex cathedra. De telle sorte que son Magistère suprême soit respectueusement reconnu, et qu’on lui donne une adhésion sincère aux enseignements qui émanent de lui, selon son sentiment et sa volonté. Ces enseignements se manifestent surtout par la nature des documents, les répétitions fréquentes d’une même doctrine, ou encore le mode d’expression. »Il nous semble que dans les cas de Paray-le-Monial, Sacré Cœur de Jésus et Lourdes, l’autorité du Magistère s’est engagée de manière solennelle, voire *infalible*. Et, par conséquent, le rejet a priori des deux faits ne serait pas hérétique, car il ne s’agit que d’une question de foi humaine, mais toujours gravement temeraire, étant donné le consentement qui leur a été accordé par le Magistère de l’Église.En ce qui concerne donc les révélations privées, le Magistère remplit une double fonction :– *Norme négative* : lorsqu’il assure qu’une révélation privée ne contient aucun élément contraire à la Révélation publique et à ses éventuelles définitions, garantissant ainsi l’authenticité de la révélation privée.– *Norme positive* : lorsqu’il reconnaît l’authenticité de la révélation et promeut son message et son esprit au profit de l’Église.

La prudence de la Hiérarchie face aux révélations particulières, et plus généralement face à toute manifestation charismatique, ne dépend pas d’une volonté de se placer au-dessus de l’Esprit, comme si on le citait devant son tribunal, mais du respect pour l’Esprit divin, dont les manifestations authentiques peuvent être distinguées du fanatisme toujours imminent grâce à des examens prolongés et beaucoup de prière.

La prudence de l’Église se manifeste dans sa soumission consciente à la seule preuve progressivement lumineuse de l’œuvre de Dieu.

La position du Magistère face aux révélations privées et le rôle de Marie dans l’histoire du salut sont approfondis dans l’encyclique Redemptoris Mater de Jean-Paul II, qui éclaire l’itinéraire de la foi de Marie et sa place dans la Révélation divine.

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