La mère de l’Église dans la liturgie catholique romaine

Il ne suffit pas de considérer les fêtes mariennes ou les accentuations mariennes des périodes de l’année ; la dimension mariale de la prière liturgique doit être évaluée en premier lieu. En effet, l’Église, par les liens qui l’unissent à Marie, souhaite vivre le mystère de Christ avec elle et comme elle, et expérimente continuellement que la Très Sainte Vierge est toujours à ses côtés, mais surtout dans la liturgie sacrée, en tant que mère et auxiliaire.
Par une tradition ancienne et universelle, la mémoire de Marie appartient à la célébration de l’Eucharistie. Le lien entre l’Incarnation et l’Eucharistie, et en elle la communion avec celle d’où nous est venu historiquement le corps et le sang du Christ, lie la piété mariale à la célébration eucharistique. Du sein virginal de la fille de Sion, celui qui nous nourrit a été germé avec le pain des anges. C’est pourquoi, lors de la célébration de l’Eucharistie, l’Église rappelle, loue et prie Marie, expérimentant sa communion. Personne ne doit penser que sa mention dans la Prière eucharistique est de nature dévotionnelle : au contraire, c’est le signe que nous ne pouvons taire la mémoire de Marie dans la mémoire des mystères du Christ.
La femme de Pentecôte est devenue le temple vivant du prêtre éternel qui intercede auprès du Père pour nous (cf. Hb 7,25). Elle est le miroir de l’Église dans la prière : les attitudes de Marie, la Vierge à l’écoute, la Vierge en prière, la Vierge Mère, la Vierge offrante, sont des exemples pour l’Église dans l’exercice du culte.
Dans cette optique, le Magnificat est récité quotidiennement aux Vêpres.
Les célébrations des sacrements et des rituels sacramentels révèlent ou accentuent certaines résonances mariennes, provenant du cœur même dérivé du sacrement : Dieu au milieu de nous. Enfin, le nombre de bénédictions dans lesquelles on fait mémoire de Marie est significatif.
Pourquoi avec Marie ?En communion intime donc, avec la Vierge et en prolongeant ses attitudes cultuelles, l’Église célèbre les mystères divins, où la gloire parfaite est donnée à Dieu et les hommes sont sanctifiés : s’associant à la voix de la Mère du Seigneur, l’Église bénit le Père Dieu et le glorifie avec elle dans le même cantique d’action de grâce et de louange.
Avec Marie, elle veut entendre la parole de Dieu et la méditer assidûment.
Avec Marie, elle souhaite participer au mystère pascal de Christ et s’associer à l’œuvre de la rédemption.
Comme Marie, qui au Cenacle, avec les apôtres, attendait en priant la venue du Paraclet, elle implore sans cesse le don de l’Esprit.
Avec Marie, qui veille sur son chemin, elle se tourne avec confiance vers Christ.
De plus, en célébrant les divers mystères, l’Église fait constamment appel à son intercession, se réfugie sous son patronage, lui demande de visiter le peuple chrétien et de le remplir de ses dons.
L’image de Marie que nous connaissons dans la liturgie romaine actuelle est le reflet d’une compréhension renouvelée, tant dans les textes bibliques que dans les prières eucharistiques. L’enrichissement du Leccionnaire ainsi que les célébrations marianes (y compris le large choix des Écritures dans la *Collection des Misses de Notre-Dame*) correspondent à l’élargissement des prières et des préfaces, menés en tenant compte d’une triple ligne : inspiration biblique, valorisation de la pensée patristique, réception de la vision mariologique exprimée dans *Lumen Gentium*.
L’Esprit conciliaire a donc également produit, au niveau de la foi célébrée, une relecture du témoignage évangélique et de la tradition concernant Marie, favorisant une recentralisation de son image à la lumière de la cristologie et de l’ecclésiologie. Cela a eu pour effet d’exalter davantage les traits de la mission de Marie dans l’histoire du salut.
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