Journée de Saint Jean-Paul II : cultivateur de mariologie

Dia de São João Paulo II: cultor de mariologia
Saint Jean-Paul II : cultivateur de Marie et de la mariologie
São João Paulo II e sua devoção a Maria, Totus Tuus

Extrait de la Lettre Encyclique Redemptoris Mater du Souverain Pontife Jean-Paul II – Sur la Bien-aimée Vierge Marie dans la vie de l’Église en marche.

Heureuse celle qui a cru

12. Après avoir raconté l’Annonciation, l’Évangéliste Luc nous guide, suivant les pas de la Vierge vers «une ville de Judée» (Lc 1, 39). Selon les savants, cette ville devait être «Ain-Karim», située entre les montagnes, non loin de Jérusalem. Marie se rendit là «sans délai», pour rendre visite à Isabelle, sa parente. La raison de cette visite est également à chercher dans le fait que Gabriel, durant l’Annonciation, avait nommé de manière significative Isabelle, qui, âgée, avait conçu un enfant, par la puissance de Dieu : «Isabel, ta parente, a conçu un fils, dans sa vieillesse. Et elle, à qui on appelait stérile, est devenue mère, car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 36-37). Le messager divin a fait recours à cet événement, qui s’était produit chez Isabelle, pour répondre à la question de Marie : «Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme»? (Lc 1, 34). Oui, cela sera possible précisément par «la puissance du Très Haut», comme encore plus dans le cas d’Isabelle.

Marie se rend donc, poussée par la charité, chez sa parente. Lorsqu’elle entra, Isabelle, ayant senti le garçon trembler de joie dans son sein, «dont l’esprit était sanctifié par le Saint-Esprit», salua à son tour Marie en ces termes : «Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton ventre est béni» (cf. Lc 1, 40-42). Cette proclamation et cette acclamation d’Isabelle devaient entrer dans l’Ave Maria.En continuant la salutation de l’Ange, cela devient ainsi l’une des prières les plus fréquentes de l’Église. Mais encore plus significatives sont les paroles d’Élisabeth, dans la question qui suit : « Et comment ai-je la chance de recevoir auprès de moi la mère du Seigneur ? » (Lc 1, 43). Élisabeth témoigne à propos de Marie : elle reconnaît et proclame qu’elle a devant elle la Mère du Seigneur, la Mère du Messie. Dans ce témoignage, participe également l’enfant qu’Élisabeth porte en son sein : « l’enfant dans mon sein s’est emballé de joie » (Lc 1, 44). L’enfant est le futur Jean-Baptiste, qui, aux bords du Jourdain, indiquera en Jésus le Messie.

Un don au Peuple de Dieu - Redemptoris Mater - 14/11/1999

Toutes les paroles, dans cette salutation d’Élisabeth, sont riches de sens. Cependant, il semble être quelque chose de fondamental ce qu’elle dit en conclusion : « Heureuse celle qui a cru que ce qui lui a été dit par le Seigneur aurait accomplissement » (Lc 1, 45). Ces paroles peuvent être placées à côté de l’expression « chaîne de grâce » de la salutation de l’Ange. Dans les deux textes, on révèle un contenu mariologique essentiel, c’est-à-dire la vérité sur Marie, dont la présence est devenue réelle dans le mystère du Christ, précisément parce qu’elle « a cru ». La plenitude de grâce annoncée par l’Ange signifie le don même de Dieu. La foi de Marie, proclamée par Élisabeth lors de la Visitation, montre comment la Vierge de Nazaréthla couleur correspond à celle de ce domaine.

13. «À Dieu qui révèle, est due «l’obéissance de la foi»» (Romains 16, 26. Cf. Romains 1, 5. 2 Corinthiens 10, 5-6), c’est par cette obéissance que Marie se donne entièrement et librement à Dieu», comme l’enseigne le Concile. Exactement cette description de la foi a trouvé son accomplissement parfait en Marie. Le moment «décisif» fut l’Annonciation. Et les paroles d’Élisabeth, «felicité à celle qui a cru», se réfèrent en premier lieu à cet instant.

À l’Annonciation, en effet, Marie se donna à Dieu complètement, manifestant «l’obéissance de la foi» À Celui qui lui parlait par son messager, lui offrant «l’obéissance pleine de l’intelligence et de la volonté». Elle répondit donc, avec tout son «être» féminin et humain. Dans cette réponse de foi, il y avait une parfaite coopération avec l’«aide préalable et concomitante de la grâce divine» et une parfaite disponibilité à l’action de l’Esprit Saint, qui «perfectionne continuellement la foi par ses dons».

Les paroles de Dieu vivant, annoncées par l’Ange à Marie, lui étaient destinées : «Voici que tu concevras et que tu enfanteras un fils» (Luc 1, 31). En accueillant cet avis, Marie devait devenir la «Mère du Sauveur» et accomplir en elle le mystère divin de l’Incarnation : «Le Père des miséricordes voulut que l’acceptation par la part de celle qu’Il avait prédestinée pour mère, précède l’Incarnation». Et Marie donne son consentement après avoir entendu toutes les paroles du messager. Elle dit : «Voici la servante du Seigneur ! Que se fasse en moi selon ta parole» (Luc 1, 38). Ce fiat de Marie, «que se fasse en moi», décida, du côté humain, de l’accomplissement du mystère divin.

Il existe une pleine harmonie avec les paroles du Fils lorsqu’il, selon la Lettre aux Hébreux, vient dans ce monde, dit au Père : «Tu n’as pas voulu de sacrifices ni d’offrandes, mais tu m’as formé un corps. Voici que je viens, pour faire, ô Dieu, ta volonté» (Hébreux 10, 5-7). Le mystère de l’Incarnation s’accomplit lorsque Marie prononça son «fiat» : «Que se fasse en moi selon ta parole», rendant possible, par ce qu’il lui appartenait dans le dessein divin, l’acceptation de l’offre de son Fils.

Maria prononça ce « fiat » par la foi. C’était par la foi qu’elle « se soumit sans réserve à Dieu » et « se consacra entièrement, comme esclave du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils ». Et ce Fils, comme l’enseignent les Pères de l’Église, il l’a conçu dans son esprit avant de le concevoir dans son sein : précisément par la foi ! Et c’est pourquoi, Isabelle loue Marie : « Heureuse celle qui a cru… que les choses qui lui ont été dites par le Seigneur se réaliseraient » (Luc 1, 45). Ces choses sont déjà accomplies : Marie de Nazareth se présente à l’entrée de la maison d’Isabelle et de Zacharie comme mère du Fils de Dieu. C’est cette découverte réjouissante qu’Isabelle exprime : « La mère de mon Seigneur vient à moi » (Luc 1, 43).Par conséquent, la foi de Marie peut être comparée à celle d’Abraham, auquel l’Apôtre appelle « notre père dans la foi » (Romains 4, 12). Dans l’économie du salut révélée par Dieu, la foi d’Abraham constitue le début de l’ancienne Alliance. La foi de Marie, à l’Annonciation, inaugure la Nouvelle Alliance. Tout comme Abraham, « qui, espérant contre toute espérance, crut qu’il deviendrait le père de nombreuses nations » (Romains 4, 18), Marie, au moment de l’Annonciation, après avoir déclaré sa virginité (« Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas l’homme »), « crut » qu’elle deviendrait, par la puissance du Très-Haut, par l’œuvre de l’Esprit Saint, la mère du Fils de Dieu, selon la révélation de l’ange : « Ne t’effraie pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Luc 1, 30).« Voici donc que celui qui va nair sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 35).Entretemps, les paroles d’Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru » ne s’appliquent pas uniquement à ce moment particulier de l’Annonciation. Celle-ci représente, sans aucun doute, le moment culminant de la foi de Marie dans l’attente du Christ, mais elle est également le point de départ, où commence tout son « itinéraire vers Dieu », toute sa marche de foi. Et c’est tout au long de ce chemin que l’obéissance qu’elle professe à la parole de la révélation divine sera mise en pratique de manière eminente et théoriquement, ou plus précisément, avec un théisme de foi de plus en plus grand. Et cette « obéissance de la foi » de Marie, tout au long de sa marche, aura des analogies surprenantes avec la foi d’Abraham. De même que le patriarche du peuple de Dieu, Marie, tout au long de la marche de son « fiat » filial et maternel, « a cru, espérant contre toute espérance ». Particulièrement au cours de certaines phases de sa marche, la bénédiction accordée « à celle qui a cru » se manifestera avec une évidence particulière. Croire signifie « s’abandonner » à la vérité de la parole de Dieu vivant, en sachant et en reconnaissant humblement « combien sont insondables ses desseins et imperscrutables ses voies » (Rom 11, 33). Marie, qui, par la volonté éternelle du Très-Haut, est venue trouver, ainsi dire, au cœur même de ces « voies imperscrutables » et de ces « desseins insondables » de Dieu, s’y conforme dans l’obscurité de la foi, en acceptant pleinement et avec le cœur ouvert tout ce qui est disposition des desseins divins.

15. Au moment de l’Annonciation, lorsque Marie entend parler du Fils dont elle doit devenir la mère et auquel on donne le nom de « Jésus » (Sauveur), on lui annonce également que « le Seigneur lui donnera le trône de son père David » et qu’il « régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne ne sera pas réduit à rien » (Lc 1, 32-33). C’est dans ce sens que toute l’espérance d’Israël était tournée. Le Messie promis devait être « grand » (Lc 1, 35). Et l’ange céleste annonce également qu’il sera « grand » : grand, soit par le nom de « Fils du Très-Haut », soit par le fait d’assumer la royauté de David. Il doit donc être roi, et régner « sur la maison de Jacob ». Marie, insérée dans cette attente de son peuple, se demande à l’Annonciation quel est le sens essentiel que peuvent avoir les paroles de l’ange, et comment doit-on comprendre ce « règne » qui « ne sera pas réduit à rien » ?

Bien qu’elle puisse, par la foi, se sentir mère du « Messie-roi », elle répond : « Voici la servante du Seigneur ! Que se fasse en moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Dès le premier moment, Marie proclame surtout « l’obéissance de la foi » en se soumettant à ce sens que donne aux paroles de l’Annonciation Celui d’où elles proviennent : Dieu lui-même.

16. Dans le cheminement de « l’obéissance de la foi », Marie, un peu plus tard, entend d’autres paroles : celles prononcées par Simon dans le temple de Jérusalem. C’était au quarantième jour après la naissance de Jésus, lorsque Marie et Joseph, selon la prescription de la loi de Moïse, « apportèrent l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur » (Lc 2, 22). La naissance s’était produite dans des conditions de pauvreté extrême. En effet, nous savons par Saint Luc qu’à l’occasion du recensement de la population ordonné par les autorités romaines, Marie se rendit avec Joseph à Bethléem. Comme ils n’avaient pas de place dans l’auberge, Marie accoucha de son Fils dans un étable et « le coucha dans une crèche » (Lc 2, 7).

Un homme juste et pieux, nommé Simon, apparaît à ce moment des débuts du cheminement de la foi de Marie. Ses paroles, suggérées par l’Esprit Saint (Lc 2, 25-27), confirment la vérité de l’Annonciation. Nous lisons effectivement qu’il « prit l’enfant dans ses bras », au nom duquel, selon la parole de l’ange, on lui a donné le nom de Jésus (Lc 2, 21).

Ce que Simon dit correspond au sens de ce nom, qui signifie Sauveur : « Dieu est le salut » (Lc 2, 30-32). S’adressant au Souverain, il s’exprime ainsi : « Vos offrandes ont aperçu ma saluté que tu as préparée en faveur de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël, ton peuple » (Lc 2, 30-32). À la même époque, cependant, Simon s’adresse à Marie avec ces paroles : « Il est destiné à être cause de chute et de relèvement pour beaucoup en Israël et à être un signe de contradiction, afin que se manifestent les pensées de nombreux cœurs » (Lc 2, 34-35). Les paroles de Simon mettent sous un nouveau jour l’annonce que Marie a entendue de l’ange : Jésus est le Sauveur, il est « lumière pour éclairer » les nations. N’est-ce pas ce qui s’est manifesté, d’une certaine manière, dans la nuit de Noël, lorsque les pasteurs sont venus à la crèche ? (cf. Lc 2, 8-20). N’est-ce pas ce qui s’est également manifesté, et de manière plus éclatante, lors de la venue des Magies de l’Orient ? (cf. Mt 2, 1-12). Cependant, dès le début de sa vie, le Fils de Marie, et avec lui sa Mère, vont expérimenter en eux-mêmes la vérité de ces autres paroles de Simon : « signe de contradiction » (Lc 2, 34). Ce que Simon dit apparaît comme un second annonce à Marie, car il indique la dimension historique concrète dans laquelle le Fils accomplira sa mission, c’est-à-dire dans la incompréhension et la souffrance. Si cet autre annonce confirme, d’une part, sa foi dans le accomplissement des promesses divines de salut, il révèle également qu’elle devra vivre sa foi en souffrant, aux côtés du Sauveur souffrant, et que sa maternité sera obscure et marquée par la douleur. En effet, après la visite des Magies, après qu’ils l’aient adorée (« prosternés, ils l’ont adorée ») et après l’offre des dons (cf. Mt 2, 11), Marie, avec l’enfant, doit fuir vers l’Égypte sous la protection dévoilée de Joseph, car Hérode cherche l’enfant pour le tuer (cf. Mt 2, 13). Et ils doivent rester en Égypte jusqu’à la mort d’Hérode (cf. Mt 2, 15).Après la mort d’Hérode, lorsque la Sainte Famille retourne à Nazareth, commence une longue période de vie cachée. Celle qui « a cru au accomplissement des choses qui lui ont été dites par le Seigneur » (Lc 2, 34) (Lc 1, 45) vit au quotidien la signification de ces paroles. Le Fils auquel on a donné le nom de Jésus est quotidiennement à ses côtés. Ainsi, dans son contact avec lui, elle utilise certainement ce nom, ce qui ne devrait d’ailleurs surprendre personne, étant donné qu’il s’agit d’un nom qui était en usage, depuis longtemps, en Israël. Marie sait cependant que celui à qui on a donné le nom de Jésus a été appelé par l’ange « Fils de l’Altissime » (cf. Lc 1, 32). Marie sait qu’il a été conçu et né sans la participation d’un homme, par l’action de l’Esprit Saint, avec la puissance de l’Altissime qui a étendu sa protection sur elle (cf. Lc 1, 35), tout comme, dans les temps de Moïse et des patriarches, la nuée voilait la présence de Dieu (Ex 24, 16. 40, 34-35. 1Rs 8, 10-12). Marie sait donc que le Fils, par elle donné à la lumière de manière virginale, est précisément celui appelé « Saint ».«Le Fils de Dieu» de quoi parlait encore l’ange.Au cours des années de la vie cachée de Jésus à Nazareth, également la vie de Marie « est cachée avec Christ en Dieu » (cf. Col 3, 3) par la foi. La foi, en effet, est un contact avec le mystère de Dieu. Marie est en contact constant et quotidien avec le mystère ineffable de Dieu qui s’est fait chair, mystère qui dépasse tout ce qui a été révélé dans l’Ancienne Alliance. Dès le moment de l’Annonciation, l’esprit de la Vierge-Mère a été introduit dans la « nouveauté » radicale de la révélation de Dieu et est devenu conscient du mystère. Elle est la première de ceux « les petits » dont un jour Jésus dira : « Père, tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et tu les as révélées aux petits » (Mt 11, 25). En vérité, « personne ne connaît le Fils que le Père » (Mt 11, 27). Comment Marie pourrait-elle alors « connaître le Fils » ? Certainement, pas comme le Père le connaît. Et pourtant, elle est la première parmi ceux auxquels le Père « a voulu révéler » (cf. Mt 11, 26-27 ; 1 Cor 2, 11). Si dès le moment de l’Annonciation, le Fils a été révélé, que seul le Père connaît complètement, comme Celui qui le génère dans l’« aujourd’hui » éternel (cf. Ps 2, 7), alors Marie, la Mère, est en contact avec la vérité de son Fils uniquement par la foi et grâce à la foi ! C’est pourquoi elle est heureuse parce qu’« elle a cru » et « croit chaque jour » au milieu de toutes les épreuves et contrariétés de l’enfance de Jésus et, plus tard, pendant les années de sa vie cachée à Nazareth, quand il « était encore soumis » (Lc 2, 51) : soumis à Marie et aussi à Joseph, car Joseph, devant les circonstances, faisait office de père pour lui. Et c’est pour cela que le Fils de Marie était considéré par les gens du lieu comme « le fils du charpentier » (Mt 13, 55).La Mère, par conséquent, se souvenant de tout ce qui lui avait été dit au sujet de ce Fils, dès l’Annonciation et des événements suivants, porte en elle-même la « nouveauté » radicale de la foi : le début de la nouvelle Alliance. C’est le début de l’Évangile, c’est-à-dire de la bonne nouvelle, de la nouvelle joyeuse.Ce n’est pas difficile de percevoir, dans ce début, une certaine tension du cœur, unie à une sorte de « nuit de la foi », pour utiliser les mots de Saint Jean de la Croix, comme un « voile » à travers lequel il est nécessaire de s’approcher de l’Invisible et de vivre dans l’intimité du mystère. C’est ainsi, effectivement, que Marie, pendant de nombreuses années, est restée dans l’intimité du mystère de son Fils et a progressé dans son itinéraire de foi, à mesure que Jésus « grandissait en sagesse et en grâce, devant Dieu et les hommes » (Lc 2, 52). Elle manifestait de plus en plus aux regards des hommes la préférence que Dieu avait pour elle. La première de ces créatures à avoir été admise à la découverte de Christ fut Marie, qui vivait dans la même maison à Nazareth avec Jésus et Joseph.Cependant, au moment où on la retrouva dans le Temple, lorsque la Mère demanda : « Pourquoi m’avez-vous fait cela ? », Jésus, alors garçon de douze ans, répondit : « Je dois occuper ma place auprès de mon Père » (Lc 2, 48-50). L’Évangéliste ajoute : « Et ils (Joseph et Marie) ne comprirent pas ses paroles ». Ainsi, Jésus était conscient que « seul le Père connaît le Fils » (Mt 11, 27). Et même celle à qui a été révélée plus profondément le mystère de sa filiation divine, sa Mère, vivait dans l’intimité de ce mystère uniquement par la foi ! En restant constamment à ses côtés, sous le même toit, et en « gardant fidèlement l’union avec son Fils », elle « avançait dans la pèlerinage de la foi », comme le souligne le Concile. Cela s’est également produit pendant la vie publique de Christ (cf. Mc 3, 21-35), de sorte que, jour après jour, les paroles bénies prononcées par Élisabeth lors de la Visitation se sont accomplies : « Heureuse celle qui a cru ».18. Ces paroles bénies atteignent leur plein sens lorsque Marie est au pied de la Croix de son Fils (cf. Jo 19, 25). Le Concile affirme que cela « n’est pas arrivé sans un dessein divin » : « souffrant avec ardeur avec son Unigénit, s’associant avec un esprit maternel à son sacrifice et consentant avec amour à l’immolation de la victime qu’elle avait engendrée », Marie a ainsi « gardé fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la Croix », une union par la foi : la même foi avec laquelle elle a accueilli la révélation de l’Ange au moment de l’Annonciation. À ce moment-là, elle a également entendu dire : « Le Seigneur Dieu va donner à David, son père, un trône éternel, et son règne ne sera jamais réduit » (Lc 1, 32-33).Et maintenant, en étant là, au pied de la Croix, Marie est, pour ainsi dire, témoin, de manière tout à fait singulière, du démenti catégorique de ces paroles. Son Fils agonise, suspendu sur la croix comme un condamné. « Méprisé et rejeté par les hommes. Homme de douleurs… comme détruit » (Is 53, 3-5). Quelle grande et quelle démonstration terrifiante de l’obéissance de la foi de Marie face aux « desseins insondables » de Dieu ! Comme elle s’est « abandonnée aux mains de Dieu » sans réserve, « offrant pleinement son intelligence et sa volonté » à Celui dont « les voies sont imperscrutables » (Rom 11, 33) ! Et, en même temps, combien l’action de la grâce est puissante dans son âme et combien l’influence de l’Esprit Saint, de sa lumière et de sa vertu, est pénétrante !Par sa foi, Marie est parfaitement unie à Christ dans son dépouillement. En effet, «Jésus Christ, subsistant dans la nature divine, n’a pas jugé être égal à Dieu, un bien dont il ne devait jamais se défaire. Mais il s’est dépouillé lui-même en prenant la forme d’un serviteur, devenant semblable aux autres» : précisément sur la croix, «il s’est anéanti, se faisant obéissant jusqu’à la mort, et mort sur la croix» (cf. Phl 2, 5-8). Et aux pieds de la croix, Marie participe, par la foi, au mystère troublant de ce dépouillement. Cela constitue peut-être la plus profonde «kénose» de la foi dans l’histoire de l’humanité. Par la foi, la Mère participe à la mort du Fils, à sa mort rédemptrice. Mais, bien différente de la foi des disciples qui se sauvaient, la foi de Marie était bien plus éclairée. Sur la croix, Jésus a confirmé définitivement, par le moyen de la croix, être «le signe de contradiction» prédit par Simon. En même temps, les paroles adressées par ce même vieil homme à Marie se sont accomplies : «Et toi-même, tu auras le cœur transpercé par une épée».

19. Oui, véritablement, «heureuse celle qui a cru»! Ces paroles, prononcées par Élisabeth après l’Annonciation, semblent résonner ici, aux pieds de la croix, avec une éloquence suprême. Et la force qu’elles contiennent devient pénétrante. De la croix, ou plutôt du cœur même du mystère de la Rédemption, rayonne et s’élargit la perspective de ces paroles bénies de sa foi. Elles remontent «jusqu’au commencement» et, en participant à la sacrifice de Christ, nouveau Adam, deviennent, en un sens, le contrapes de la désobéissance et de l’incrédulité présentes dans le péché de nos premiers parents. Ainsi l’enseignent les Pères de l’Église, notamment Saint Irénée, cité dans la Constitution Lumen gentium : «Le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie. Et ce que la Vierge Ève a lié par son incroyance, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi». À la lumière de cette comparaison avec Ève, les mêmes Pères, comme le rappelle encore le Concile, appellent Marie «mère des vivants» et affirment souvent : «La mort est venue par Ève, la vie par Marie».Par conséquent, il est juste que nous puissions trouver dans l’expression «heureuse celle qui a cru»comme une chaîne qui nous ouvre l’accès à la réalité intime de Marie : celle qui a été saluée par l’Ange comme « chaîne de la grâce ». Si, en tant que « chaîne de la grâce », elle a été éternellement présente dans le mystère de Christ, maintenant, par la foi, elle en devient participante dans toute l’étendue de son itinéraire terrestre : « elle a avancé dans la pèlerinage de la foi » et, en même temps, de manière discrète mais directe et efficace, elle rendait présent aux hommes le même mystère de Christ. Et elle continue de le faire. Et par le mystère du Christ, elle est également présente parmi les hommes. Ainsi, par le mystère du Fils, s’éclaire également le mystère de la Mère.

L’encyclique complète est disponible ci-dessous :

Le plus grand héritage mariologique de Saint Jean-Paul II est l’encyclique Redemptoris Mater, consacrée à Marie dans le mystère du Christ et de l’Église, une lecture indispensable pour tout dévot de Marie.

Approfondissez vos études : explorez Mariologie, Théologie mariane, Apparitions marianes et le Diplôme de maîtrise en Mariologie.

Master en Mariologie

Voulez-vous approfondir votre formation en Mariologie ? Découvrez la Maîtrise en Mariologie de Locus Mariologicus, une formation académique qui associe rigueur théologique, vie spirituelle et tradition vivante de l’Église.

Inscrivez-vous ou en savez plus →

Voulez-vous étudier sérieusement la mariologie ?

Cet article est issu des œuvres de la bibliothèque de Locus Mariologicus. La formation postuniversitaire en mariologie vous plonge dans les mêmes sources, avec un encadrement académique : Écriture, Pères de l’Église et Magistère, du premier dogme aux questions contemporaines.

Découvrir la formation postuniversitaire en mariologie

Related Articles

Responses