Prière à Saint Joseph : les principales et son histoire

La prière à Saint Joseph la plus importante de la tradition catholique est « À toi, Saint Joseph » (en latin, *Ad te, beate Ioseph*), prescrite par le Pape Léon XIII et publiée en annexe à l’encyclique *Quamquam pluries* du 15 août 1889. Celui qui cherche une « prière puissante » à Saint Joseph la trouve dans la prière « Salve, gardien du Rédempteur », qui conclut la lettre apostolique *Patris corde* de François (2020), ainsi que dans le litanies approuvé par le Saint-Siège, contenant les supplications les plus autorisées que l’Église a jamais adressées au mari de la Vierge Marie. Il convient de noter dès le début : la force d’une prière ne réside pas dans des formules secrètes ni dans des promesses d’efficacité automatique, mais dans la foi de celui qui prie et dans l’autorité de l’Église qui la propose. Cet article présente le texte et l’histoire de chacune de ces prières.

Le fondement de toute prière à Saint Joseph repose sur sa mission unique. Comme l’explique la *josefologie* (lien vers https://locusmariologicus.org/josefologia/), Joseph est véritablement le mari de Marie et le père légal de Jésus, et c’est de cette double relation que découle son pouvoir d’intercession. Léon XIII a formulé ce principe avec précision dans un passage repris cent ans plus tard par Jean-Paul II dans l’exhortation apostolique *Redemptoris custos* (lien vers https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/pt/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_15081989_redemptoris-custos.html) :

« Les raisons pour lesquelles le Bienheureux Joseph doit être considéré comme un protecteur spécial de l’Église, et que l’Église, en retour, doit attendre beaucoup de sa protection et de son patronage, découlent principalement du fait qu’il est le mari de Marie et le père putatif de Jésus (…). Joseph fut à son époque le gardien légitime et naturel, le chef et le défenseur de la Sainte Famille (…). Il est juste et digne, par conséquent, que le Bienheureux Joseph, de manière analogue à celle dont il a autrefois aidé saintement la Famille de Nazareth, couvre et protège aujourd’hui avec son patronage céleste l’Église du Christ » (Léon XIII, *Quamquam pluries*, cité dans *Redemptoris custos*, n. 28).

La prière « À toi, Saint Joseph » de Léon XIII (1889)

En 1870, par le décret *Quemadmodum Deus*, Pie IX avait déclaré Joseph « Patron de l’Église catholique » (cf. *Redemptoris custos*, n. 28). L’histoire de cette déclaration est racontée dans notre article sur Saint Joseph patron de l’Église. Dix-neuf ans plus tard, Léon XIII a donné au patronage josefin une expression orante. Dans l’encyclique *Quamquam pluries* (lien vers https://www.vatican.va/content/leo-xiii/es/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15081889_quamquam-pluries.html), publiée dans le sillage du mois du Rosaire, le Pape a jugé d’une grande utilité pour le peuple chrétien d’invoquer continuellement, avec la Vierge Mère de Dieu, son chaste époux (cf. n. 2 de la version espagnole du document). Il a alors déterminé une pratique concrète : pendant tout le mois d’octobre, à la fin du Rosario, les fidèles ajouteraient une prière à Saint Joseph dont la formule était annexée à l’encyclique, une tradition à renouveler chaque année et enrichie d’une indulgence (cf. n. 6).

Cette formule annexe est le Ad te, beate Ioseph, connu au Brésil comme « À vous, Saint Joseph » – la prière que des générations de catholiques ont appris à réciter à la fin du Rosaire en octobre. Jean-Paul II a cité le cœur de la supplication lors de la célébration du centenaire de l’encyclique :

« Éloignez de nous, ô père bien-aimé, cette peste d’erreurs et de vices…, assistez-nous de votre ciel dans cette lutte contre le pouvoir des ténèbres…; et comme autrefois vous avez sauvé de la mort la vie menacée duEnfant Jésus, ainsi aujourd’hui défendez l’Église sainte de Dieu des embûches de l’ennemi et de toutes adversités » (Redemptoris custos, n. 31, citant la prière de Léon XIII).

La structure de la prière est entièrement typologique : on demande à Joseph de faire pour l’Église ce qu’il a fait pour la Sainte Famille. Tout comme le charpentier de Nazareth a sauvé leEnfant de la mort, qu’il garde maintenant le Corps du Christ des erreurs, des vices et du pouvoir des ténèbres. Jean-Paul II a expressément souhaité que cette pratique ne s’éteigne pas : « Je souhaite vivement que cette évocation de la figure de Saint Joseph renouvelle également en nous le rythme de la prière qu’il y a un siècle, mon Prédécesseur l’a établie » (Redemptoris custos, n. 32).

« Salve, gardien du Rédempteur » : la prière de Patris corde

Le 8 décembre 2020, au complet des 150 ans de la déclaration par Pie IX, François a publié la lettre apostolique Patris corde, « Avec cœur de père ». Le document observe qu’« Après Marie, Mère de Dieu, aucun Saint n’occupe autant de place dans le magistère pontifical que Joseph, son époux », et présente le saint, l’homme passé inaperçu, de la présence quotidienne discrète et cachée, comme « un intercesseur, un appui et un guide dans les moments de difficulté » à la portée de tous (Patris corde, préface). Nous analysons tout le document dans notre article sur Patris corde.

La lettre se termine par une nouvelle prière :

« Salve, gardien du Rédempteur et époux de la Vierge Marie ! À vous, Dieu a confié son Fils ; en vous, Marie a déposé sa confiance ; avec vous, Christ est devenu homme. Béni soyez-vous, bienheureux Joseph, montrez-vous aussi père pour nous et guidez-nous sur le chemin de la vie. Accordez-nous grâce, miséricorde et courage, et défendez-nous de tout mal. Amen » (Patris corde, prière conclusive).

On remarque le caractère réaliste de la demande qui précède la prière : « Il ne nous reste qu’à implorer, à Saint Joseph, la grâce des grâces : notre conversion » (Patris corde, conclusion). La prière josefine ne vise pas en premier lieu l’obtention de choses, elle vise la conversion de celui qui prie.

La prière que François prie chaque jour

Dans la note 10 de la même lettre, François ouvre une fenêtre sur sa dévotion personnelle : depuis plus de quarante ans, tous les jours après les Laudes, il récite une prière à Saint Joseph « tirée d’un livre français de dévotions du XIXe siècle, de la Congrégation des Religieuses de Jésus et Marie », qui, selon lui, « exprime dévotion, confiance et un certain défi à Saint Joseph ». Voici le texte complet :

«Père glorieux Saint Joseph, dont le pouvoir rend possible l’impossible, viens à mon aide en ces moments d’angoisse et de difficulté. Prends sous ta protection les situations si graves et difficiles que je te confie, afin qu’elles trouvent une solution heureuse. Mon cher Père, toute ma confiance est placée en toi. Qu’on ne dise pas que j’ai invoqué en vain, et puisque tout est possible auprès de Jésus et de Marie, montre-moi que ta bonté est aussi grande que ton pouvoir. Amen» (Patris corde, note 10).## Litanie, rosaire et autres dévotions joséphinesLa **litanie de Saint Joseph** a été approuvée par la Sé Apostolique en 1909 et mise à jour en 2021, lorsque la Congrégation pour le Culte Divin, avec l’approbation de François, a ajouté sept invocations tirées du magistère pontifical : *Custos Redemptoris* (gardien du Rédempteur), *Serve Christi* (serviteur de Christ), *Minister salutis* (ministre de la salutation), *Fulcimen in difficultatibus* (parapluie dans les difficultés) et *Patrone exsulum, afflictorum, pauperum* (patron des exilés, des affligés, des pauvres), ces trois dernières tirées de Patris corde, n. 5 (cf. Lettre de la Congrégation pour le Culte Divin aux Présidents des Conférences Épiscopales, 1er mai 2021).Le **rosaire de Saint Joseph** est une dévotion populaire sans forme unique fixée par l’Église. Dans les versions les plus répandues, on médite, en comptant les grains, les épisodes évangéliques de la vie du saint : l’annonce de l’ange (Mt 1,20-24), la naissance de Jésus (Lc 2,1-7), la fuite vers l’Égypte et le retour (Mt 2,13-23), la vie cachée à Nazareth et la rencontre duEnfant au Temple (Lc 2,41-52). C’est en somme un exercice de méditation biblique : les Évangiles parlent peu de Joseph, mais chaque scène rapportée est suffisamment riche pour soutenir la contemplation.On trouve aussi le **memorare joséphin**, adaptation à Saint Joseph de l’ancienne prière mariale «Mémorare» (*Memorare*), où le dévot déclare n’avoir jamais entendu dire qu’on ait invoqué en vain sa protection, et le **cordon de Saint Joseph**, pratique populaire traditionnellement associée à la demande de la vertu de pureté. Ces textes et usages, n’ayant pas de forme officielle unique, varient d’un devocionnaire à l’autre. Au niveau le plus exigeant, il y a aussi la **consécration à Saint Joseph**, remise de soi au saint pour être conduit à Jésus, en analogie avec la consécration mariale. Et la tradition invoque Joseph comme protecteur des bonnes morts : le Catéchisme exhorte les fidèles «à se confier à St. Joseph, patron des bonnes morts» (CIC 1014).## Comment choisir et comment prierTrois critères aident. Premièrement, préférer les prières approuvées et proposées par l’Église – celles mentionnées ci-dessus ont toutes la chancelle pontificale ou l’approbation de la Sainte-Siège, ce qui garantit une doctrine sûre et évite le risque de formules superstitieuses promettant un effet garanti en échange de répétitions mécaniques. Deuxièmement, la constance vaut mieux que l’intensité : Léon XIII a souhaité que la prière joséphine soit dite chaque octobre, et François prie la même supplication quotidiennement depuis plus de quarante ans. La prière à Saint Joseph se fait avec la même fidélité discrète qui a marqué la vie du saint.Troisièmement, joindre la prière à l’imitation. Joseph n’a laissé aucune parole enregistrée dans les Évangiles, il a laissé des œuvres :Les Évangiles parlent exclusivement de ce que Joseph « fit » ; cependant, ils nous permettent d’écouter dans ses « actions », enveloppées par le silence, un climat de profonde contemplation (Redemptoris custos, n. 25).

Prier à Saint Joseph, c’est donc demander la grâce de prier comme lui : en silence actif, avec une obéissance immédiate. L’objectif ultime n’est jamais Joseph lui-même. Comme toute intercession des saints, la prière joséphine est centrée sur Jésus : « Que Saint Joseph devienne pour tous un maître exceptionnel dans le service de la mission salvifique de Christ » (Redemptoris custos, n. 32). Celui qui prie « À toi, Saint Joseph » en octobre, qui récite « Salut, gardien du Rédempteur » ou qui présente avec le Pape les « choses impossibles » de la vie dans la prière quotidienne fait, en somme, le même mouvement : il se tourne vers Jésus par l’intermédiaire de celui qui, sur terre, fut son protecteur.

Foire aux questions

Quelle est la prière la plus puissante à Saint Joseph ?

La tradition catholique ne connaît pas de formules magiques : la « force » d’une prière vient de la foi de celui qui prie et de l’approbation de l’Église. Ainsi, les prières les plus recommandées sont « À toi, Saint Joseph » (Ad te, beate Ioseph), prescrite par Léon XIII en 1889, et « Salut, gardien du Rédempteur », avec laquelle le Pape François conclut Patris corde (2020). Elles demandent toutes deux la protection de Joseph sur l’Église et sur chaque fidèle.

Qui a écrit la prière « À toi, Saint Joseph » ?

Elle a été prescrite par le Pape Léon XIII, qui l’a publiée en annexe à l’encyclique Quamquam pluries, le 15 août 1889. Le Pape a déterminé qu’elle soit ajoutée au Rosaire pendant tout le mois d’octobre, coutume renouvelée chaque année. Jean-Paul II a explicitement renouvelé cette demande dans l’exhortation Redemptoris custos (1989).

Quelle prière le Pape François prie quotidiennement à Saint Joseph ?

Dans la note 10 de Patris corde, François raconte qu’il prie depuis plus de quarante ans après les Laudes la prière « Glorieux Patriarche Saint Joseph, dont le pouvoir rend possibles les choses impossibles… », tirée d’un livre français de dévotions du XIXe siècle. Selon le Pape, elle exprime « une dévotion, de la confiance et un certain défi à Saint Joseph ».

Qu’est-ce que le Tridé de Saint Joseph ?

Il s’agit d’une dévotion populaire, sans forme unique fixée par l’Église, où l’on médite avec des comptes les épisodes évangéliques de la vie du saint : l’annonce de l’ange, la naissance de Jésus, la fuite en Égypte, la vie cachée à Nazareth et la rencontre du garçon dans le Temple. Elle fonctionne comme un exercice de méditation biblique sur la mission de Joseph.

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