Pourquoi le mois de mai est-il consacré à la Vierge Marie ?

Porque mês de maio é mês de Maria?
# Le mois de mai consacré à Marie : évolution historique du XIIIe siècle à la dévotion philippine et à la réception liturgique## Les origines égyptiennes et orientales de la consécration de mai : fêtes printanières et le mois de FarmutiLa célébration du mois marian a d’abord été introduite à l’Est, puis à l’Ouest. Il ne s’agit pas d’une simple question de quelques siècles, mais plutôt de plus d’un millénaire. En Égypte, aux VIe et VIIe siècles, existait déjà une liturgie quotidienne du mois Kiatk (du 10 décembre au 8 janvier), entièrement centrée sur la préparation à Noël et la louange de la Vierge Mère.Cette liturgie comprenait quatre parties :
mois de mai dévotion mariane
– un chant poétique louant la Mère de Dieu, – un psaume de louange à la Vierge, – une paraphrase de paroles et d’épisodes bibliques sur Marie, – un commentaire avec des applications à la vie chrétienne.Au XIe siècle, le jeûne est ajouté au culte marial pour rappeler la tradition selon laquelle Marie aurait souffert de persécutions au dernier mois de sa grossesse en raison des langues malveillantes, et aurait donc jeûné et désiré encore plus ardemment la naissance de Jésus.Pour les chrétiens d’Égypte, le mois marial est décembre, tandis que pour les chrétiens grecs, il devient août. Le mois marial byzantin est août, centré sur la fête de l’Assomption ou de la Dormition, qui divise le mois en quinze jours de préparation et autant de prolongements de la fête mariale la plus importante de l’année liturgique.## La tradition occidentale : Philippe de Harflev (d. 1183) et Annibale Dionigi (1646), les deux marqueurs historiques du mois de Marie

Non pour des raisons liturgiques, comme en Égypte ou à Constantinople, mais pour des motifs d’ordre naturel et affectif. La célébration du mois de mai comme le mois des fleurs et le début d’une nouvelle vie remonte à l’ère pré-chrétienne. Dans la Grèce antique, le mois de mai était dédié à Artémis, qui, entre autres choses, était la déesse de la végétation et de la fertilité. À Rome, Flora, la déité des plantes, en particulier de la floraison des céréales, était vénérée. En son honneur, fin avril ou début mai, les Ludi Florales avaient lieu, invoquant la protection pour tout ce qui fleurissait.
Au Moyen Âge, cette tradition se poursuivit avec l’expulsion de l’hiver ou l’introduction du printemps. Le premier jour de mai conserva longtemps sa signification comme début de la croissance, c’était une journée porte-bonheur où la terre envoyait ses fruits vers le haut. La connexion avec la végétation resta pour cette journée et ensuite pour tout le mois. Mai fut depuis toujours considéré comme le temps de l’épanouissement et de la splendeur de la nature. En tant que phase de transition vers la dévotion mariale ultérieure, émergea la consécration d’un mois entier à Marie, ce qui conduisit finalement à la dévotion mariale particulière de ce mois.
L’une des premières preuves de la dévotion mariale en mai provient du roi Alphonse X, le roi de Castille (d. 1284). Parmi les 428 Cantigas de Santa Maria qu’il a composées, figure la chanson « Mayo ben vennas », « Mai ». Ici, la salutation de mai est combinée avec des louanges et des supplications à Marie :

Bienvenue, Mai, et avec joie. Prions la Sainte Marie Que par son Fils, elle prie chaque jour Pour nous garder du mal et de la folie. Bienvenue, Mai. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, en bonne santé. Prions celle de grande vertu Qu’à Dieu, elle demande de toujours nous aider Contre le démon et de nous protéger. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, avec toute sa loyauté, Prions celle de grande bonté Qu’elle ait toujours pitié de nous Et nous garde de tout mal. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, riche en trésors. Prions qu’elle nous défende des afflicutions Et des soucis, et nous garde à l’abri du danger. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, couvert de fruits, Prions qu’elle nous accorde ses bienfaits Pour que le démon ne nous atteigne pas Et nous garde en sécurité. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, aux saveurs délicates. Prions et rendons grâce à celle Qui sauve toujours les pécheurs Et demande à Dieu de nous garder du mal. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, avec des vaches et des taureaux, Prions qu’elle nous donne sa protection Contre les ennemis, comme elle l’a fait pour les Mouros Et nous apporte la victoire. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, joyeux et sans crainte, Prions celle qui nous gagne Pour qu’elle nous accorde sa grâce Et que les Mouros d’Espagne soient vaincus. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, avec de nombreux troupeaux, Prions pour que nos péchés soient pardonnés Par le Fils de Dieu, qu’il nous fasse privés De ses bienfaits. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, avec de bons verger, Prions la Vierge de terre De nous protéger des hommes méchants Et des calomnieux. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, sous un beau ciel, Prions la Vierge, notre bouclier Contre les vilains hommes et leurs audaces Et leurs méchantes paroles. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, avec du pain et du vin, Prions celle qui a apporté le Sauveur Pour qu’elle nous guide vers la fête Avec elle. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, doux et non irrité, Prions qu’elle soit notre bouclier Contre les esprits mauvais et audacieux Et les hommes méchants et inconnus. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, joyeux et paisible, Prions la Mère du Roi glorieux Pour qu’elle nous garde des maux Et des hommes trompeurs. Bienvenue, Mai, et avec joie.
Bienvenue, Mai, beau et joyeux, Prions la Sainte Vierge Que par sa puissance, elle nous garde Du mal et de l’homme perfide. Bienvenue, Mai, et avec joie. Bienvenue, Mai, avec de délicieux mets, Dans nos chants, prions la Vierge Devant ses autels, qu’elle nous défende Des grands maux. Bienvenue, Mai, et avec joie.

À Toulouse, dès le XIVe siècle, lors des jeux floraux provençaux du 1er mai, des poèmes étaient présentés dont le thème imposé était la louange à Marie. Le jésuite Jakob Balde (décédé en 1668) offrit également une ode à Marie le 1er mai 1641, décrivant l’entrée de Marie dans la nature printanière. Le dominicain bienheureux Heinrich Suso (décédé en 1365), profondément attaché à la Vierge, consacre chaque année la saison des fleurs, celle du printemps, à la Mère de Jésus. Ses pas sont suivis par le bénédictin Wolfgang Seidl (décédé en 1562), qui dans son livret « Le mai spirituel » réagit aux fêtes païennes, proposant des hommages particuliers à Jésus et à Marie.

Indépendamment du mois et de la piété mariale marquée, il existe une forme propre de dévotion mariale qui s’étend sur 30 jours ou un mois. Par exemple, les 30 jours célébrés entre le 15 août (Assomption) et le 14 septembre (Exaltation de la Croix), choisis comme modèle et point de départ pour la célébration de la dévotion mariale de mai.

La diffusion universelle du mois marial de mai : Mense Maio de Paul VI (1965) et la réception liturgique moderne

L’élan le plus important pour le mai comme mois marial a sans doute été donné par certains jésuites du XVIIIe siècle. Le premier est le père Annibale Dionisi, de Vérone, qui en 1725 publie « Le mois de Marie, ou le mois de mai consacré à Marie avec l’exercice de plusieurs fleurs de vertu proposées aux vrais dévots ». Dans ce livret se trouvent les éléments du mois marial qui recevront un caractère définitif : la prière (rosaire et litanies), devant une image de Marie, des considérations spirituelles, une offrande de vertu et une jaculatoire.

En 1785, la première édition du « Mois de mai dédié à la Grande Mère de Dieu » est publiée à Ferrare par le théologien jésuite, père Alfonso Muzzarelli (décédé en 1813), qui eut l’idée d’envoyer son ouvrage à tous les évêques d’Italie pour qu’ils introduisent cette pratique pieuse dans leurs diocèses. Le succès fut tel que, au milieu du XIXe siècle, la pratique du mois de mai était utilisée presque dans toutes les paroisses catholiques du monde.

Dans cet ouvrage, on reconnaissait les fruits spirituels produits par la célébration du mois marial :

  • instruction dans les vérités de la foi,
  • expérience religieuse dans le contexte de chants populaires et de rites solénels,
  • rencontre de prière communautaire avec la Mère de Dieu,
  • croissance en confiance envers Marie,
  • formation de la volonté dans l’accomplissement de l’engagement quotidien.

Mai, mois de Marie et les fleurs : le printemps symbolique, le cantique des cantiques (Ct 2,11-12) et la tradition de la nature

Le printemps commence le 21 mars. La floraison de la nature ne se limite pas à l’hémisphère nord et débute en mai. De plus, la vénération de Marie avait lieu à toute date pendant une période de trente jours consécutifs, comme on le voyait au Moyen Âge, qui vénérait Marie en mai, bien que cela ne se produise pas tout au long du mois.
Les diverses formes de dévotion marienne au printemps se sont progressivement concentrées sur le mois de mai, qui est devenu le mois marial par excellence. Mai, le plus beau des mois, le mois des fleurs, était tout indiqué pour être un mois marial.
Un autre aspect qui a joué dans le choix de mai fut qu’à cette époque, ce mois n’avait pas été distingué par une fête mariale propre. Il était comme un mois entier libre pour être dédié volontairement à Marie. Mai offrait également la première opportunité, après la période de quarante jours de jeûne et de Pâques, de consacrer un mois entier à une telle dévotion.
Dans l’œuvre *Marianische Maiandacht oder der Verehrung Mariens gewidmeter Mai-Monat* (Devotion mariale de mai ou le mois dédié à la vénération de Marie), publiée à Ratisbonne en 1839, il est affirmé : «quand on choisit toujours ce qui est le plus beau, le meilleur et le plus agréable pour un sacrifice, alors au mois de mai, le plus beau des mois, est donnée la préférence».
La célébration de la dévotion de mai s’étend généralement tout au long du mois, faisant partie des dévotions mensuelles qui ont émergé au XIXe siècle, incluant la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus en juin et le rosaire en octobre.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le mois de mai est devenu la forme de dévotion mariale la plus significative. Les requêtes des fidèles exigeaient son introduction. De nombreux évêques, par leur participation active aux célébrations, ont donné un signal clair de leur approbation. La impulsion la plus forte pour le mois de mai est venue avec la dogmatisation de l’Immaculée Conception (1854).
Dans plusieurs diocèses, le dogme a été officiellement proclamé en mai de l’année suivante, souvent en lien avec le mois de mai. Des événements politiques et ecclésiastiques extraordinaires servaient souvent de raison pour promouvoir le mois de mai avec insistance, comme pendant les deux Guerres Mondiales. Après le début de la Première Guerre mondiale, le Pape Benoît XV a ordonné en 1915 que, pendant le mois de mai, on prie pour la paix par une prière écrite par lui-même.
Le mois de mai a été recommandé à nouveau pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1939, le Pape Pie XII a appelé les fidèles à des prières et dévotions spéciales en mai pour la paix entre les peuples. Particulièrement les enfants devaient participer à cette prière, un désir que le Pape a exprimé régulièrement entre 1939 et 1944. Dans l’encyclique *Mediator Dei* (1947), le mois de mai est cité parmi les exercices de piété recommandés (n° 180). Cependant, une caractéristique de cette forme de piété est la négligence du calendrier liturgique.

Le problème liturgique du mois de mai : le parallélisme avec le temps pascal et la critique de la *devotio moderna*

Aujourd’hui, la question problématique est de savoir comment relier la dévotion de mai au temps pascal de cinquante jours mis en avant par le Concile Vatican II. La cadence des semaines de Pâques s’étend approximativement jusqu’en mai. Selon le désir du Concile, l’année liturgique doit être organisée de manière à préserver le caractère original de ces temps (Sacrosanctum Concilium 107).
Les Normes universelles de l’année liturgique et le nouveau calendrier romain général stipulent clairement : «les cinquante jours entre le dimanche de la Résurrection et le dimanche de Pentecôte doivent être célébrés avec joie et exultation, comme s’ils étaient un seul jour de fête, ou mieux, comme un grand dimanche» (n° 22).
Une simple dévotion à Marie, telle qu’elle est pratiquée dans la dévotion traditionnelle de mai, ne peut répondre à cette exigence, obscurcissant au contraire le thème pascal de ces semaines. Pour une véritable rénovation des dévotions de mai, il convient de considérer que le temps pascal est la grandeur fondamentale et primordiale. Ainsi, si mai s’étend approximativement sur le temps pascal, la piété marienne caractéristique associée doit être orientée par le thème du temps pascal. Le thème pascal ne doit en aucun cas être subordonné ou retardé au mois de mai et à sa piété.
Après une crise temporaire suite au Concile Vatican II, le mois de mai est clairement en plein essor : un indicateur est le rythme accéléré des nouvelles publications sur le sujet.
Même en vivant avec un engagement particulier l’Advent comme un temps particulièrement adapté au culte de la Mère du Seigneur (Marialis Cultus 4), les chrétiens d’aujourd’hui ont tout à gagner dans une célébration renouvelée du mois de mai. Il ne s’agit pas de reproduire paresseusement le passé, mais de renouveler le mois marien selon les orientations de Lumen gentium (1964), Marialis cultus (1974) et Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2002).
Dans la pratique, la célébration du mois marien doit être plus biblique, mieux harmonisée avec la liturgie, mettant en avant «la participation de la Vierge au mystère pascal et à l’événement de Pentecôte» (Directoire n. 191), plus christocentrisme et ecclésiale, plus attentive aux problèmes de notre temps.
Avant tout, le mois marien doit conserver et amplifier son caractère orant : il doit être un temps d’expérience religieuse du Dieu révélé, Père, Fils et Esprit Saint, par la prière fervente à Marie et avec Marie, personne vivante et glorifiée, mère et modèle de l’Église.

Le mois de mai en tant que mois de Marie trouve son référence dans le magistère de Paul VI, qui dans le document Marialis Cultus valorise les pratiques dévotionnelles mariennes tout au long de l’année liturgique.

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