# La Porte du Ciel, une porte vers le ciel dans la tradition mariale## Titre et significationLe titre “Porte du Ciel” (en latin : *Janua Caeli*) est l’un des plus anciens de la Ladainha de Loreto et recèle une riche théologie mariale. Marie est désignée comme “porte” car c’est par elle que le Fils de Dieu est entré dans le monde : l’incarnation, le passage de l’éternité au temps, du divin à l’humain, s’est accompli dans son sein. Elle est la porte par laquelle on passe d’un état à un autre, de l’extérieur à l’intérieur, de l’exclusion à la communion, de la mort à la vie. Marie est la porte par laquelle le Fils de Dieu est entré dans l’histoire et par laquelle les fidèles accèdent à lui.## Origine biblique : Ez 44,1-3 et la porte ferméeLe fondement biblique le plus souvent cité pour le titre “Porte du Ciel” est la vision d’Ézéchiel 44,1-3 : “Voici la porte du sanctuaire, qui regarde l’orient. Elle sera close et ne s’ouvrira point ; personne n’y passera, car le Seigneur, Dieu d’Israël, y a passé”. Les Pères de l’Église, d’Ambrose à Jérôme, ont appliqué ce passage à Marie : la “porte fermée” que seul le Seigneur traverse est sa virginité perpétuelle. Elle est le temple par lequel seul Dieu est passé, lors de son incarnation, et qui est resté vierge avant, pendant et après l’accouchement. Ce fondement typologique relie *Janua Caeli* à la doctrine de la virginité de Marie.## L’âme *Redemptoris Mater* et la porteL’antiphone mariale *Alma Redemptoris Mater*, attribuée à Hermannus Contractus (XIe siècle), contient explicitement l’image de la porte : “Tu qui es la porte toujours ouverte du ciel et étoile de la mer” (*tu quae porta manet semper aperta maris stella*). Marie est à la fois “porte toujours ouverte” pour les fidèles en quête d’intercession, et “étoile de la mer” qui guide les navigateurs. La tension entre la “porte fermée” d’Ézéchiel (virginité) et la “porte ouverte” de l’*Alma Redemptoris* (miséricorde) est intentionnellement préservée dans la théologie : Marie est vierge et médiatrice, fermée au péché et ouverte à la grâce.## Jo 10,7 et le Christ comme porteOn pourrait se demander si, étant donné que Jésus est “la porte des brebis” (Jo 10,7), Marie peut également être considérée comme “Porte du Ciel”. La réponse théologique établit une distinction entre les plans : Jésus est la porte de salut en sens primaire et absolu. Marie est porte au sens instrumental et dérivé. Marie est la porte par laquelle le Sauveur est entré dans le monde ; elle est donc la porte du Sauveur, non une substitution. De même que Christ est le seul médiateur (1Tm 2,5) et que Marie est une médiatrice dépendante (LG 62), Christ est la porte et Marie est la porte par laquelle il est entré. La *Lumen Gentium* (n° 60) utilise exactement ce schéma de subordination.## *Janua Caeli* dans la Ladainha de LoretoLa Ladainha de Loreto, approuvée par Sixtus V en 1587 et enrichie au fil des siècles, inclut le verset “Janua Caeli, ora pro nobis” (“Porte du Ciel, prie pour nous”) parmi les titres de gloire attribués à Marie. Jean-Paul II a ajouté de nouveaux titres à la Ladainha en 1980, et François en 2020 (Mère de la Miséricorde, Mère de l’Espoir, Réconfort des Migrants). Le titre *Janua Caeli* reste inchangé, témoignant de l’ancienneté et de la cohérence de cette image dans la prière mariale de l’Église.## Approfondissez vos études : explorez la
Mariologie, la
Théologie mariale, les
antiphones mariales, la
Virginité de Marie et la
Maîtrise en Mariologie.
Découvrez ce que l’Église enseigne sur Marie, Médiatrice de toutes les grâces.
Responses