Le Magistère face aux apparitions de Sainte Faustine Kowalska

«Un jour, la Vierge Marie me visita. Elle est triste et abaisse les yeux. Elle me fait comprendre qu’elle a quelque chose à me dire, mais semble ne pas vouloir me le révéler. Quand je comprends cela, je commence à lui supplier de me dire ce qu’elle a à m’apprendre et de me regarder. Un moment plus tard, Marie me regarde avec un sourire affectueux et me dit : « Tu vas bientôt traverser certaines souffrances liées à la maladie et aux médecins. Tu vas endurer beaucoup de souffrances à cause de cette image [du « Christ miséricordieux’], mais n’aie pas peur de quoi que ce soit ». Le lendemain, je tombe malade.» (Journal 149).Le 15 août 1934, la Vierge lui apparaît à nouveau tandis qu’elle prie dans sa cellule :«Je vis la Sainte Vierge, d’une beauté indescriptible. Elle me dit : « Ma fille, je demande des prières de ta part, des prières et encore plus de prières pour le monde et en particulier pour ton pays. Pendant neuf jours, célèbre le saint sacrifice de la messe et reçois la sainte communion comme expiation. Pendant ces neuf jours, tu seras avec Dieu, comme offrande, en tout lieu, en tout temps, de jour comme de nuit»» (Journal 152).À la fin de cette neuve, Sœur Faustine voit la Vierge couvrant son confesseur de son manteau (Journal 153).“La Vierge Sainte m’a visitée, tenant Jésus dans ses bras. La joie a rempli mon âme et j’ai dit : ‘Marie, ma Mère, tu sais à quel point je souffre’. Et la Mère de Dieu a répondu : ‘Je sais à quel point tu souffres, mais n’aie pas peur, j’ai et j’aurai toujours pitié de toi'”. (Diary 43.)
Peu après :
“Au septième jour de la neuve, j’ai vu la Très Sainte Vierge vêtue d’une robe légère, entre le ciel et la terre. Elle priait les mains croisées sur sa poitrine, les yeux levés vers le ciel. Des rayons de feu sortaient de son cœur, certains montaient vers le ciel, d’autres couvraient notre terre.” (Diary 46.)
La vision du Christ miséricordieux (22 février 1931) : le mandat de l’image et la fête de la miséricorde
C’est le 22 février 1931 qu’elle a sa célèbre vision du Christ qui lui demande :
“Peignez une image de ce que vous voyez, avec l’inscription : ‘Jésus, je confie en vous !’” (Diary 51.)
Dans le même message, le Christ lui déclare vouloir une Fête de la Miséricorde. En mai 1933, Sœur Faustine effectue un pèlerinage à Czestochowa. Là, la Mère de Dieu s’est beaucoup entretenue avec moi, et encore :
“J’ai renouvelé mes vœux perpétuels, j’ai senti être la fille d’elle et qu’elle était ma Mère. Elle n’a refusé rien de ce que j’ai demandé.” (Diary 134.)
Sa proximité mystique avec la Vierge s’est renforcée avec le temps, comme au printemps 1934 :
Les apparitions mariennes de 1935-1936 : messages sur la miséricorde et la médiation de Notre-Dame
Le 26 octobre suivant, Christ et la Vierge réapparaissent ensemble (Journal 66). Pendant la Semaine Sainte de 1935, l’icône du « Christ de la Miséricorde » est peinte à Vilnius (Lituanie) selon les indications de Sœur Faustine, puis exposée à Ostra Brama.Le 5 août 1935, elle voit la Vierge :«Indescriptiblement belle, venant de l’autel vers son genuflexion. Elle m’embrasse et me dit : « Je suis ta Mère, grâce à l’insondable miséricorde de Dieu, l’âme me plaît d’autant plus que plus elle accomplit la volonté divine […] Sois courageuse, n’aie pas peur des obstacles illusoires, mais fixe tes yeux sur la passion de mon Fils. Ainsi tu vaincras»» (Journal 194-195).Le 15 août suivant :«J’entends le bruissement d’une robe et je vois la Sainte Vierge dans une lumière belle, vêtue d’une robe blanche et d’une ceinture bleue qui me dit : Tu me rends grande joie, quand tu adores la Sainte Trinité pour les grâces et les privilèges qu’Elle m’a accordés» (Journal 229).D’autres visions suivent : 15 novembre et ensuite fin décembre 1935. Le 25 mars 1936 :«Soudain, j’ai vu la Mère de Dieu qui m’a dit : J’ai donné au monde le Sauveur. Et toi, tu dois parler au monde de Sa miséricorde et préparer le monde pour la seconde venue de celui qui viendra non comme un Sauveur miséricordieux, mais comme un Juge juste […]. N’aie crainte de rien, sois fidèle jusqu’au bout.»(Journal 251.)Le 15 août suivant, pendant la messe de la communauté :«J’ai alors vu la Très Sainte Vierge avec l’Enfant Jésus tenant par la main sa Mère. L’apparition est vêtue d’une robe blanche, translucide, avec une cape bleue, la tête découverte, les cheveux lâchés, d’une beauté indescriptible.»(Journal 263.)Le 29 novembre 1936, une nouvelle apparition avec ces paroles :«Tu es une maison agréable au Dieu vivant.»(Journal 291.)Le mois suivant :«J’ai vu [la Vierge] si belle que je n’ai pas su trouver de mots pour décrire cette beauté. Elle était toute blanche, entourée d’une ceinture bleue, son manteau aussi était bleu, une couronne sur la tête. Une lumière inconcevable émanait de toute sa personne. Je suis la Reine du Ciel et de la Terre, mais avant tout sa Mère. Elle m’a serré dans son cœur et dit : J’ai pitié de toi.»(Journal 295.)La réception ecclésiale : du décret du Saint-Office (1959) au cardinal Wojtyla et à la canonisation de 2000
La sœur Faustine a souvent souffert la Passion du Christ, mais ses stigmates sont restés invisibles (en septembre 1936, Journal 270. En février 1937, Journal 331, 334. Le 5 mars 1937, Journal 355. En juillet 1937, Journal 394).
Suite aux expériences de la sœur Faustine, de nombreuses représentations du Christ miséricordieux se répandent. En 1937, l’archevêque de Vilnius autorise les fidèles à vénérer l’image qu’il a placée dans une chapelle.
Le 5 octobre 1954, l’épiscopat polonais n’admet qu’une seule représentation, celle du peintre Ludomir Slezinski, fidèle à l’image créée en 1935, sous la condition de ne pas la diffuser avec les révélations de la sœur Faustine avant son approbation par la Sainte-Siège.
En 1960, le Saint-Office suspend la cause de béatification.
Le cardinal Karol Wojtyla, jeune archevêque de Cracovie, devient le promoteur de la cause. Il a alors consulté le cardinal Ottaviani. Élu pape en 1978, il a béatifié la sœur Faustine le 18 avril 1993 et l’a canonisée en l’an 2000.
La fête de la Divine Miséricorde est fixée au même jour que la canonisation : le 30 avril 2000 : d’ici en avant, l’Église entière prendra le nom de dimanche de la Divine Miséricorde, fête à célébrer le premier dimanche après Pâques.
Le critère du Magistère pour évaluer les révélations et les apparitions est approfondi dans l’encyclique Redemptoris Mater de Jean-Paul II, qui éclaire la voie de foi et de discernement spirituel que l’Église suit en accueillant les messages des révélations privées.
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