L’Assomption de Marie : le dogme de 1950 et le destin du corps glorieux
Marie est Theotokos, Mère de Dieu. Le corps qu’elle a engendré, nourri et aimé, le Fils de Dieu fait homme, ne pouvait être laissé à la corruption. La dignité de la maternité divine exige la glorification corporelle comme expression de la fidélité de Dieu.
3. Participation pleine au mystère pascal
Marie s’est associée de manière singulière à la Passion du Christ, aux pieds de la Croix (Jo 19,25-27), souffrant avec le Fils cette “épée” annoncée par Siméon (Lc 2,35). En tant que plus parfaite disciple, sa participation à la Résurrection et à la Glorification du Fils est également singulière. L’Assomption est l’anticipation de ce qui est promis à tous les fidèles : la résurrection des corps.
4. La tradition très ancienne
La célébration liturgique de la “Dormition” ou “Assomption” de Marie est attestée dans l’Orient depuis le VIe siècle et dans l’Occident depuis le VIIe siècle. Des textes apocryphes du IIe-IIIe siècles, tels que le Liber Requiei Mariae et le Transitus Mariae, montrent que la croyance en la glorification corporelle de Marie est très ancienne, même si elle a mis des siècles à recevoir une définition dogmatique formelle.
Assomption, Résurrection et escatologie
L’un des aspects les plus riches de la théologie de l’Assomption est son portée escatologique. Marie assumée en corps et en âme est l’image anticipée et réalisée du destin de toute l’humanité rédimée. Dans son corps glorifié, l’Église contemple déjà ce qu’elle attend pour tous ses membres à la résurrection finale.
Jean-Paul II a souligné cet aspect dans sa catéchèse sur Marie : “L’Assomption de Marie est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et l’anticipation de la résurrection des autres chrétiens.” Le Concile Vatican II (LG 68) considère Marie comme “un signe d’espérance sûre et de consolation pour le peuple de Dieu en pèlerinage.”
L’Assomption dans le calendrier liturgique
La fête de l’Assomption, célébrée le 15 août, est la principale fête mariale de l’année liturgique et l’une des fêtes de garde de l’Église catholique. Elle est simultanément la plus ancienne fête mariale du calendrier, antépassant la définition dogmatique de 1950 de plus de 1300 ans.
Au Brésil, le 15 août est également la fête de Notre-Dame de la Gloire, patronne de l’État de Rio de Janeiro, et coïncide avec une des périodes de plus grande ferveur mariale populaire dans le pays.
Les quatre dogmes mariens : place de l’Assomption
L’Assomption est le quatrième des grands dogmes mariens, après la Maternité Divine (Éphèse, 431), la Virginité perpétuelle et l’Immaculée Conception (1950). Ensemble, ces quatre dogmes forment le noyau dur de la Mariologie dogmatique, la grammaire de base de la réflexion théologique sur Marie.
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