Qui est Bernard de Clairvaux ?


Bernardo de Claraval est sans aucun doute le plus illustre représentant de l’ordre cistercien, ainsi qu’un théologien ayant laissé une empreinte forte sur la pensée ultérieure, même en dehors de l’Ordre. Fils d’un chevalier, Bernardo est né en 1090 en Bourgogne et entre à Citeaux à l’âge de 22 ans, lieu de renouveau monastique. Après trois ans, il est envoyé avec d’autres frères pour fonder le monastère de « Claravalle », qu’il place sous le patronage de la Vierge, construisant une chapelle en son honneur. Il reste dans ce monastère, où il est plus tard élu abbé, jusqu’en 1153, année de sa mort. En plus du développement de l’Ordre, où il exerce sa présence forte et charismatique, il s’occupe également de questions difficiles : apaiser les conflits entre les puissants et éviter l’ingérence des princes laïcs dans la religion ecclésiastique. Il insiste sur l’unité de l’Église dans le cœur et est conseiller de papes et de évêques. Une vie pleine, donc, où la vie de clôture alterne avec le service ecclésiastique et séculier. Tout offert à la Vierge car, comme il le mentionne lui-même dans la homélie pour la fête de Noël de Notre-Dame, « il est nécessaire de se souvenir qu’si l’on ne veut pas que le peu qu’on désire offrir soit refusé, il faut le confier aux mains les plus amicales et dignes de Marie. »
La vision historique-interprétative et descriptive de l’œuvre de Bernardo est déjà très condensée, conduisant à la formation de deux courants de pensée qui se sont affrontés sur l’importance de la théologie mariale de notre auteur. Si, d’un côté, nous avons eu un applaudissement inconditionnel au regard marial de Bernardo jusqu’à lui conférer le titre de « médecin marial », de l’autre, il y a eu une réduction de cette acriticité sans toutefois saper l’originalité du plus grand auteur cistercien des débuts. Densité et ferveur, outre la quantité numérique des écrits, sont les traits caractéristiques de la pensée mariale de Bernardo, auteur d’une théologie beaucoup plus large et articulée.
Ce qui a peut-être nui à cet auteur, c’est une série d’œuvres qui, après sa mort, lui ont été attribuées, alimentant un nombre authentique qui en soi n’était pas nourri. Dans les pages dédiées à cet auteur dans l’important étude éditée par Du Manoir, J. B. Auniord énumère les écrits mariaux de Bernard : les quatre homélies mariennes (In Laudibus Beatæ Mariæ Virginis), la lettre aux Canons de Lyon sur l’Immaculée Conception, l’homélie du Dimanche de l’Octave de l’Assomption sur les 12 privilèges mariaux, l’homélie sur la Naissance de Marie (Sermo De aquæductu), la première homélie de l’Assomption et la quatrième homélie sur l’Assomption. À ces textes s’ajoutent d’autres références à la Mère de Dieu dans d’autres homélies non directement mariales. La question quantitative est dépassée par une clarification faite par L. Gambero selon laquelle :« Les pages mariales de Bernard peuvent paraître rares, si on les compare à la quantité considérable de ses écrits. Cependant, elles révèlent tout le génie et la sagesse théologique du grand Docteur, son style passionné, sa capacité d’incorporer la référence à Marie dans la culture de son temps et son zèle à répandre la dévotion à la Mère de Dieu parmi le peuple chrétien. »Avant d’aborder en détail les thèmes mariens traités par le cistercien, il convient de préciser un aspecte existentiel qui influence son style et son approche de Marie. Bernard est le dernier grand exposant de la théologie monastique, clairement orientée vers la contemplation et la méditation des mystères divins, plutôt que leur illustration par le biais de catégories philosophiques. Cependant, cela ne signifie pas la mort de ce type de théologie. En fait, en tant qu’auteur, Bernard a laissé une forte marque pour que nombre d’exposants de la théologie et de la spiritualité, des siècles suivants et maintenant intégrés dans une sorte de théologie argumentative et rationnelle, s’en inspirent. Avant tout, Saint Bonaventure.Sa vocation monastique et son orientation contemplative, avant de le rendre docteur (au sens médiéval tardif et moderne du terme), en ont fait un dévot de la Vierge. D’ailleurs, selon Alano de Auxerre († 1185), biographe du saint, un ministre dévoué. Pietro de Celle, écrivant à Nicolas de Saint-Albano, définit Bernard comme “alumnus familiarissimus Dominae nostrae”, soulignant ainsi la filiation (l’ancien élève est déjà compris comme fils) et l’intimité (familiarissimus indique un lien qui va au-delà de l’affection) avec Notre-Dame (c’est-à-dire une relation conditionnée par le système féodal, entre seigneur et serviteur) dont un est serviteur, mais aussi et surtout fils.La théologie mariale dévotée et affectueuse se concrétise par un style littéraire particulièrement raffiné et poétique, de manière à empêcher la recherche de la systématicité et de l’intégrité. S’y ajoute un sentiment d’admiration et de profonde conscience de la limite humaine face à Dieu, pour lequel le silence est préférable aux paroles. Voici deux textes qui nous aident à exprimer ce sentiment d’admiration de Bernard :> Il n’y a rien que j’aime plus et qui, en même temps, me terrifie plus que de prêcher sur la gloire de la Mère Vierge. (…) Bien que tout le monde veuille en parler, cependant ce qui se dit d’une réalité indissociable devient, par le simple fait de se dire, moins aimé et moins accepté.Dans le deuxième sermon de l’Annonciation (In Laudibus Virginis Matris), après avoir loué la Vierge en la qualilifiant d’étoile (Stella maris), Bernard adopte une attitude semblable à celle des disciples présents lors de la Transfiguration du Seigneur :> Mais maintenant, il nous faut faire une courte pause, afin que la contemplation de cette lumière ne soit pas éphémère. Comme le disent les apôtres : « Il est bon que nous soyons ici. » Nous aimons contempler doucement et en silence ce que les discours élaborés ne suffisent pas à expliquer. Pendant ce temps, par la dévotion contemplative de cette étoile brillante, des commentaires plus fervents seront préparés sur les thèmes suivants.Bernard préfère donc le silence contemplatif aux discours élaborés (comme ceux d’Abelard ou de Pierre Lombard), qui aime prononcer quelques titres de louange plutôt que de vouloir pénétrer le mystère de Dieu par la raison. Ainsi, nous avons la contemplation, le silence, mais aussi la formation, car la Vierge Marie devient pour Bernard l’idéal de la vie monastique, qu’il propose à ses frères et à tout le peuple chrétien.L’un des termes présents dans les écrits de Bernard est *inventrix* (celle qui trouve), modèle du texte de Luc 1,30. Marie est digne de trouver ce qu’elle cherche, mais pas seulement. Dans ce sens, nous voyons le caractère extraordinaire de cette femme pleinement engagée dans la grâce de Dieu et, en même temps, comme ayant demandé et obtenu un supplément de grâce. Et ici, nous avons une forte raison pédagogique : placer Marie en quête de cette grâce dont elle avait besoin. Ce terme converge (celle qui trouve) vers la grandeur de Marie, sa force médiatrice, mais aussi l’élan des chrétiens. Ainsi, nous percevons un type de réflexion mariologique très émotionnelle, où règnent les sentiments. Mais cela n’élimine pas le regard approprié sur l’ensemble de la Révélation, réalisé du point de vue du dévot et du mystique, plus que de l’érudit qui permet à l’action de la raison appliquée au sacré et au mystère de prévaloir, avec bonne foi et esprit de service.Que, comme exemple de Saint Bernard de Claraval, nous soyons encouragés à regarder la Vierge avec dévotion et mysticisme, mais aussi avec une science théologique particulière. Marie est « celle qui trouve » la grâce et qui cherche et a besoin de la Grâce.Pour approfondir la dévotion marienne inspirée par Saint Bernard, on recommande l’Exhortation apostolique *Marialis Cultus* de Paul VI.Approfondissez vos études : explorez la mariologie, la théologie mariane, les apparitions mariennes et le diplôme de maîtrise en mariologie.Master en Mariologie
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