« Bâtis sur un fondement plus solide que celui des apôtres » : Simon, Judas et Marie, mère de l’Église

«Superaedificati super fundamentum apostolorum»: Simão, judas e Maria, mãe da Igreja

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Fondée sur le fondement des apôtres et des prophètes, avec Christ Jésus comme pierre angulaire, elle est un bâtiment construit sur ce fondement.
Ef 2,20

La fête de Saint Simon et Saint Jude (28 octobre) relie Ef 2 où Paul décrit l’Église comme « un édifice construit sur le fondement des apôtres et des prophètes, avec Christ Jésus comme pierre angulaire », et Lc 6, où Jésus passe la nuit en prière avant de choisir les douze apôtres, dont Simon, appelé Zelote, et Jude, fils de Jacques. Ces deux textes décrivent la même fondation : l’Église née de la nuit de prière de Jésus (Lc 6) et ayant les apôtres comme fondement éternel (Ef 2). Marie, présente avec les apôtres au Cénacle (Ac 1,14), qui est la Mère de l’Église, occupe le centre de cette fondation apostolique.

I. La première lecture : Ef 2,19-22

Paul expose l’identité de l’Église comme une communauté de « concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu » (v.19) : plus d’étrangers ni de pèlerins, mais des membres de la famille. La fondation de cette communauté est double : les apôtres et les prophètes (v.20). La pierre angulaire est Jésus-Christ. L’image architecturale est précise : le fondement soutient tout l’édifice, et Christ comme « pierre angulaire » unit les deux murs de l’édifice, Juifs et Gentils, l’Israël ancien et le nouveau peuple.

« En qui toute l’architecture, bien ordonnée, atteint sa plénitude pour devenir un temple saint dans le Seigneur » (v.21) : l’édifice n’est pas statique mais en construction, l’Église n’est pas un monument mais un temple en construction, « demeure de Dieu dans l’Esprit » (v.22). L’Esprit qui habite dans le temple est le même Esprit que Jésus a promis aux apôtres et qui est descendu sur eux au Pentecôte, avec Marie au centre (Ac 1,14 ; 2,1-4).

II. L’Évangile : Lc 6,12-16

La sélection des douze commence par une nuit de prière : « Jésus monta sur la montagne pour prier et passa la nuit en prière auprès de Dieu » (v.12). Le matin suivant est le matin de l’Église : Jésus appelle ses disciples et choisit douze, le nombre des tribus d’Israël, le nombre du nouveau peuple de Dieu. La liste inclut Simon Pierre, André, Jacques, Jean, et « Simon appelé Zelote » et « Jude fils de Jacques » (v.15-16).

Simon Zelote et Jude Tadée sont les apôtres les plus silencieux des Évangiles : ils n’ont pas de paroles enregistrées, pas d’épisodes propres. Leur grandeur est celle du fondement : on ne la voit pas, mais elle soutient tout l’édifice. La prière de Jésus pendant la nuit précédant sa sélection (Lc 6,12) est à l’origine de toute fondation apostolique ; le fondement a été choisi dans la prière avant d’être nommé.

III. La nuit de prière et le fondement éternel

Ef 2 et Lc 6 décrivent la même fondation, mais de deux moments différents. Lc 6 décrit le moment historique : une nuit de prière de Jésus donne naissance aux douze qui seront le fondement. Ef 2 décrit la réalité théologique permanente : l’Église est construite sur ce fondement apostolique de manière définitive. Le fondement d’Ef 2 est le résultat de la prière de Lc 6.

Simon Zelote et Jude Tadée, les plus silencieux du groupe, enseignent que le fondement n’a pas besoin d’être visible pour être réel. La force du fondement réside dans sa capacité à soutenir l’édifice, pas dans son apparence. « En qui toute l’architecture… atteint sa plénitude » (Ef 2,21) : la croissance du temple glorifie les fondations invisibles tout autant que la pierre angulaire visible.

IV. Marie : Mère de l’Église apostolique

Marie est la « citoyenne des saints et parente de Dieu » (Ef 2,19) la plus parfaite. Elle était présente lorsque les apôtres furent choisis, elle suivait le groupe des disciples. Elle était avec eux au Cenacle en attente du Saint-Esprit (Ac 1,14), et elle reçut l’Esprit au Pentecôte en tant que membre de la communauté apostolique. La « résidence de Dieu dans l’Esprit » (Ef 2,22) avait en Marie sa première réalisation : l’Esprit habita en elle avant d’habiter dans le temple de l’Église.

La fête de Simon et Jude est la fête des fondements silencieux, et Marie en est le modèle de celui qui a servi silencieusement à l’édification de l’Église. Elle n’a fondé aucune communauté, écrit aucune lettre, ni prêché en place publique. Mais l’édification de l’Église repose sur son « fiat » tout autant que sur le fondement des apôtres : sans son acceptation, la pierre angulaire n’aurait pu être posée. Le mercredi de la Semaine XXXI invite à honorer les fondements silencieux, Simon, Jude et Marie, sur lesquels le temple de l’Esprit continue de croître.

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