Marie est le premier Avènement

Maria e o primeiro Advento

Marie et le premier Avent-sur : l’attente de l’humanité

En Marie, s’accomplit l’espérance des peuples depuis le commencement de l’humanité jusqu’à la fin des temps, et en particulier celle du peuple d’Israël. Toutes les préparations, préfigurations et grâces qui ont rempli l’Ancien Testament convergent en Marie. On peut dire, à juste titre, qu’aux vésires de la venue du Christ, Marie reprend en elle-même et réalise l’attente de tous les siècles qui l’ont précédée. C’est pourquoi elle peut magnifier le nom du Seigneur et reconnaître qu’à travers elle et en elle, le Seigneur a étendu la puissance de son bras : « Il a aidé Israël, son serviteur, en se souvenant de sa miséricorde, comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour toujours » (Lc 1,54-55).

Marie représente le sommet de toute l’action éducative de Dieu en faveur d’Israël

L’œuvre de Dieu dans l’Ancien Testament consistait essentiellement à amener le peuple élu d’une condition charnelle, grossière et différente de son projet, à une condition plus spirituelle, de plus grande disponibilité, pureté et conformité à sa parole, de telle manière à le constituer en un Temple, une demeure digne d’accueillir le Sauveur et d’expérimenter et de célébrer les événements ultimes de la rédemption et du don de l’Esprit messianique au moment de sa réalisation. Cette œuvre est accomplie en Marie.

Tout au long de l’Ancien Testament, s’est déroulée une longue et progressive action éducative pour introduire Israël dans la vraie foi, dans la foi en un seul Dieu. Il suffit de se rappeler la grande profession de foi d’Israël :

«Écoutez, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force» (Deutéronome 6,4-5).En même temps, l’œuvre éducative de Dieu visait à faire comprendre de plus en plus clairement que le dessein divin était un dessein universel qui dépassait les limites de la race d’Israël, les attentes du peuple juif. Il suffit de se rappeler les grandes annonces des prophètes :

«Levez-vous, habillez-vous de lumière, car votre lumière est arrivée, la gloire du Seigneur brille sur vous…
Les peuples marcheront à votre lumière,
les rois au éclat de votre ascension.
Levez les yeux autour de vous, et voyez :
tous se rassemblent, ils viennent vers vous.
Vos enfants viennent de loin,
vos filles sont apportées dans les bras»
(Isaïe 60,1.3-4).

Cette œuvre éducative, destinée à faire comprendre que Dieu est unique et qu’il doit être aimé par-dessus tout, à faire connaître le dessein de Dieu pour l’humanité, un dessein universel de salut, culmine au cœur de la Vierge.Si, d’une part, Marie a été préparée par toute la marche du peuple hébreu et représente la fleur merveilleuse qui a fleuri au milieu d’Israël à la fin de l’action de Dieu sur les cœurs des patriarches et des saintes femmes,en sens inverse, l’Ancien Testament, dans les prophètes et les sages d’Israël, converge et se rassemble en Marie dans une inspiration plus ardente, une préparation spirituelle plus parfaite et immédiate pour la venue du Rédempteur.En Marie, nous pouvons contempler le magnifique résultat de cette action éducative de Dieu. La Mère de Jésus exprime la plénitude et l’accomplissement de toute transformation que la présence de Dieu allait apporter. Comme le dit Isaïe : «Tous les vallées seront comblées, tous les montagnes et les collines seront abaissées. Les terrains accidentés deviendront des plaines. Les escarpements seront nivelés» (Isaïe 40,4). Ayant atteint le temps de Marie, on peut maintenant dire avec toute vérité que chaque vallée est comblée, chaque montagne et colline est abaissée. La Vierge est le chemin par lequel le Seigneur pourra venir se présenter à l’humanité, pour apporter à tous la bonne nouvelle du salut :

«Combien sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui annonce la bonne nouvelle, qui fait résonner la paix, de celui qui annonce le bien»

qui fait entendre la salut, de quoi dit Sion : Ton Dieu règne ! (Is 52,7).Grâce à cette fille de Sion, s’accomplit l’annonce des prophètes, arrive à sa fin la promesse faite à Israël, dans sa plénitude :« comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa postérité, pour toujours » (Lc 1,55).Marie constitue l’inauguration déjà en cours de la plénitude des temps :« quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption de fils » (Gl 4,4-5).On remarque que, dans ce passage, la naissance du Fils de Dieu d’une femme est liée au naissance des fils adoptifs : nous passons de la plénitude des temps où le Fils de Dieu naît d’une femme à notre naissance, à être rachetés, libérés, pour être désormais introduits dans l’adoption filiale de Dieu :« nés sous la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption de fils » (Gl 4,4-5).On perçoit déjà dans ce texte comment le mystère de Marie est indissociablement lié non seulement au mystère de la venue du Sauveur dans le monde, mais aussi au mystère de notre libération et de notre renaissance baptismale en tant que fils. « Fils dans le Fils », comme aimait à répéter Saint Augustin. Et ici, nous devons faire un effort pour saisir dans toute sa réalité le mystère de Dieu qui s’est fait homme dans l’histoire, en raison du fiat de Marie.L’événement décisif de l’histoireAvec l’incarnation, se produit dans Marie l’événement décisif de l’histoire et, par Marie, dans le monde. Nous sommes peut-être trop habitués à contempler ce mystère, au point de ne plus nous émerveiller. En réalité, le fait que le Fils de Dieu, par Marie, irrompe dans l’histoire est l’événement décisif et absolument unique de l’histoire. Rien ne pourra jamais être aussi important que cet événement. Aucune évolution, aucun progrès scientifique, aucune invention, aucune révolution ne pourra apporter quelque chose de minimement comparable à l’incarnation, si grande, si décisive pour la condition humaine, que la venue de Dieu parmi nous. Saint Jean exprime ce mystère ineffable en un verset de moins de dix mots : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jean 1,14).Un seul verset pour exprimer l’événement fondamental, absolument unique et décisif dans l’histoire du monde : un événement qui change qualitativement et ontologiquement la condition de l’homme sur terre, car c’est l’événement qui rend possible la participation de l’homme à la vie de Dieu, à la vie du Fils Unique de Dieu :« Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jean 1,12-13).Le mystère de Marie est au cœur de cet événement. Elle est la première à en bénéficier, tout comme cet événement se réalise dans l’histoire, par la Vierge de Nazareth, et par elle, chacun de nous peut en tirer profit.La présence de Marie dans le culte de l’Avent. Et c’est la raison de notre profonde vénération pour Marie, la tâche historique et unique qu’elle a eue dans l’économie du salut, une tâche absolument irrépétable. La présence de Marie dans le culte ne découle pas, comme certains veulent le faire croire, d’une sorte de sublimation de la féminité ou de la maternité, en analogie à ce qui se produit dans certaines religions naturelles.La présence de Marie dans le culte de l’Église naît du fait historiquement avéré, absolument singulier et irrépétable, par lequel cette femme a été appelée à être la Mère du Fils Unigénit de Dieu fait homme. C’est la raison de la présence de Marie dans le culte, et rien d’autre : elle découle du fait qu’elle est la Théotokos, comme l’affirme la foi de l’Église depuis les premiers siècles.C’est le fait essentiel et décisif, la motivation de notre vénération et de la présence de Marie dans notre liturgie. « Il est né de la Vierge Marie », proclamons-nous dans le Credo Apostolique. « Il s’est incarné dans le ventre de la Vierge Marie et est devenu homme », répétons-nous dans le Credo nicéen-constantinopolitain.Les chemins de Dieu ne connaissent ni retour ni repentir, Marie maintient pour chaque homme et pour chaque membre du Corps de Christ la même tâche qu’elle avait pour Christ et pour la réalisation de son mystère de salut.Dieu est fidèle.La tâche que Marie a eue dans l’histoire continue jusqu’à nos jours et continuera éternellement. Comme elle a eu une mission éminente à la naissance de Christ, elle maintient une mission éminente à la naissance des nouveaux enfants de Dieu au baptême de l’Église.Marie est perpétuellement Mère, Mère de l’Église et Mère de chacun d’entre nous. Mais pour comprendre ce mystère de la maternité actuelle de Marie, il faut se référer un instant à sa maternité universelle, par laquelle Marie est la Mère des peuples. Seul ainsi pourrons-nous comprendre la grandeur de cette maternité de Marie appliquée à chaque baptisé, à chaque homme qui « naît de l’eau et de l’Esprit » (Jean 3, 5) et au chemin baptémal et spirituel de chaque baptisé.Prière collectée du 21 décembre

Écoutez, Seigneur, la prière de votre peuple,
qui se réjouit de l’avènement de votre Fils
dans l’humilité de notre chair,
et accordez-nous le don de la vie éternelle
lorsqu’Il viendra dans sa gloire.
Il qui est Dieu avec vous, vit et règne,
dans l’unité de l’Esprit Saint,
pour tous les siècles des siècles.

Pour approfondir le rôle de Marie au premier Avènement et dans l’histoire du salut, consultez l’encyclique Redemptoris Mater de Jean-Paul II, sur Marie dans la pèlerinage de la foi.

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