Apprendre à contempler comme Marie

L’Incarnation du Verbe de Dieu
Nous pouvons prier et contempler avec Marie à partir de l’événement de l’Incarnation du Verbe de Dieu. Cependant, cette compréhension n’est acceptable que si nous reconnaissons qu’il n’y a pas de contradiction dans le fait que Dieu, qui est pur esprit, puisse s’incarner.
Comment une divinité immatérielle pourrait-elle devenir matérielle ?
Dans le Prélude de l’Évangile selon Jean, nous lisons : “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu” (Jean 1,1). Cette traduction inhabituelle met en lumière la similarité de posture entre le Verbe de Dieu et la parole adressée par Dieu à ses prophètes (cf. Isaïe 38,4, Jérémie 1,2.4.11.13, Ézéchiel 6,1, 7,1). L’expression grecque πρὸς τὸν θεόν (= auprès de Dieu) indique l’orientation constitutive du Verbe de Dieu, et cette orientation demeure en lui, même après l’Incarnation, vivifiant chaque parole et geste : tout vient de Dieu et est orienté vers Dieu.
Dans ce Verbe de Dieu, qui est Dieu, est contenu, dès avant la création, le projet créatif, appelé “la sagesse divine” dans la Bible. On comprend alors que la contemplation signifie être sage, non selon la mentalité du monde, mais selon “la pensée de Christ” (1 Corinthiens 2,16). Cette sagesse céleste consiste à discerner le plan de Dieu dans les choses et les événements humains, à voir tout avec les yeux de Dieu, car tout est comme une parole de Dieu, qui sort de la seule Parole devenue chair et conduit à la “compréhension” d’elle.
Nous lisons également que Dieu, qui avait parlé de nombreuses façons aux pères dans les temps anciens, nous a parlé ces derniers jours par le Fils. Ce Fils, qui est la splendeur de sa gloire et l’expression exacte de sa substance, est l’image de Dieu invisible, engendré avant toute création (cf. Hébreux 1,1-3, Colosiens 1,15). Par conséquent, la seule Parole de Dieu, le Verbe qui devient chair dans le ventre de Marie, est toute l’expression de Dieu et aussi toute l’expression de la création : elle concentre le sens de toutes les paroles de Dieu, celles qui créent et celles qui donnent du sens à la création.
D’où en découle une énorme conséquence pour la vie de foi. Lorsque nous lisons les Écritures, nous trouvons “des paroles“, mais ces paroles, maintenant que la Parole est devenue chair, sont réalisées, accomplies, concentrées dans la seule Parole qui “a fait sa demeure parmi nous” (Jean 1,14). Jésus détient la clé pour révéler le sens de chaque parole sortie de la bouche des patriarches et des prophètes. Par conséquent, tout ce que nous lisons dans les Écritures est une parole sortant de sa bouche, c’est son pain partagé pour nous qui nous unissons à lui.
Le Verbe de Dieu, par le geste de l’Incarnation, devient matière en assumant une voix et un visage propres, pour être entendu par nos oreilles et vu par nos yeux. Il s’approche de l’homme, devenant Parole parabolique (c’est-à-dire, Parable) et se manifeste à l’homme, devenant Image visible (ou Signe : une image qui nous invite à penser, par ce qu’elle montre, à ce qui est invisible et ne peut être vu avec les yeux du corps). Ainsi, toute l’Écriture devient parabolique, car la Parole, qui était tournée vers Dieu, en s’incarnant, s’est également tournée vers l’homme, se plaçant à ses côtés et devenant ainsi une Parable. Nous devons reconnaître cette Parole qui vit à nos côtés et qui nous adresse constamment sa parole.
Il semble que le Verbe soit à nos côtés pour accomplir avec nous le voyage de la vie, et nous ne pouvons le comprendre qu’en marchant avec lui. Et seulement sur le chemin, après la décision de nous y attacher, nous pouvons parvenir à le comprendre par une relation avec lui. La dimension parabolique recouvre toute la révélation de Dieu, réalisée par les paroles, mais aussi par les gestes et les événements. Tout se passe comme pour les disciples d’Emmaüs, qui ont entendu l’explication des Écritures et ont reconnu Jésus dans le geste de la fraction du pain.
Nous pouvons déduire qu’il y a deux conséquences du Verbe de Dieu incarné : il devient Parable à partir de la Parole (un mot toujours prononcé à côté de l’homme) et devient Signe à partir de l’Image consubstancielle du Père (une image historique qui le montre dans chaque événement de l’existence humaine). Et il se répand en de nombreuses paroles et paraboles, en de nombreuses images et gestes (ordinaires et extraordinaires), pour que nous puissions trouver notre chemin qui nous mène à lui.
Sur ce chemin vers le Verbe incarné, Jésus-Christ, Marie est notre mère et notre enseignante, nous apprenant à utiliser nos oreilles et nos yeux pour passer des paroles à la Parole et des images à l’unique Image du Dieu invisible. Ainsi, « Bienheureux vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent » (Mt 13, 16). Cette référence aux yeux et aux oreilles exprime une loi anthropologique : l’homme s’ouvre à la réalité par les deux fenêtres de l’audition et de la vision. Dans la tradition philosophique, l’audition et la vision sont considérées comme les sens esthétiques par excellence, signifiant qu’elles sont les ouvertures corporelles de l’esprit, permettant à l’homme d’entrer en relation avec la réalité qui l’entoure.Marie, et par conséquent l’Église, en se révélant et en nous conduisant vers le Seigneur, respectent cette structure de l’être humain. Dans l’Église, en plus de la tradition des Écritures, s’est développée la tradition des images sacrées, qui rendent d’une certaine manière sensible la Parole et l’Image de Dieu. Nous pouvons élargir notre audition par la contemplation : une compréhension profonde de la révélation ne peut négliger l’iconographie sacrée.À ce niveau, nous pouvons comprendre le rôle de Marie dans la prière et la contemplation de la Parole de Dieu. Marie est toujours avec Jésus, elle est totalement liée à Jésus : « ainsi comme le Verbe est totalement tourné vers le Père, Marie est totalement tournée vers le Fils ». De là découle son exemplaire dans la salut. Conformément à cette fonction, Marie nous montre comment écouter la Parole par les paroles, comment regarder l’Image consubstancielle du Père en contemplant les icônes de la charité divine, et comment devenir des demeures du Saint-Esprit, louant Dieu le Père en Jésus-Christ.« Aucune créature n’est aussi orientée vers Christ que Marie, qui est prière, une orientation absolue vers Christ ». Marie nous montre également comment nous orienter vers Christ, comment nous diriger vers lui, et comment devenir prière et contemplation. Pour cela, trois étapes s’imposent, et Marie nous aide à les accomplir :– de la parabole à la Parole, en écoutant les paroles de Dieu. – de l’icône à l’Image consubstancielle du Père, en regardant les icônes (configurations historiques des événements salutaires) avec foi. – de l’orientation de contemplation à devenir contemplation du Dieu vivant qui marche avec nous et à nos côtés.Écouter Marie est la clé pour comprendre la Parole, tandis que regarder est la clé pour voir l’Invisible. Avec son oreille et son regard, nous pouvons enflammer nos vies avec le feu du Saint-Esprit et devenir ces « présences ardentes » que le Père recherche, comme Jésus l’a révélé à la femme samaritaine : « Croyez-moi, femme, l’heure est venue, et c’est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Et le Père cherche ces adorateurs-là » (Jn 4, 23).L’écoute attentive de Marie
Pour comprendre la profondeur et l’ampleur de l’écoute attentive de Marie, nous devons descendre dans la grotte de la Nativité à Bethléem et revivre la visite des pasteurs au berceau de Jésus. Les pasteurs vinrent et racontèrent de nombreuses choses merveilleuses qui s’étaient produites cette nuit-là pendant qu’ils gardaient leurs troupeaux. « Et tous ceux qui entendirent furent émerveillés des choses que disaient les pasteurs. Marie, quant à elle, gardait toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2,18-19). Ici, l’écoute de Marie est une méditation, et pour comprendre cet état d’esprit, il convient de savoir que méditer est un verbe grec caractéristique signifiant rassembler, unir, recueillir.
Marie pratiquait la méditation des Écritures saintes et méditait sur tout, car elle rassemblait dans son cœur tout ce qu’elle entendait et comprenait sur Dieu : « elle unissait mot à mot, événement à événement, décision à décision, amour à amour ». Ainsi, elle s’enfonçait de plus en plus dans le mystère de Dieu et dans la compréhension de sa Parole. Tout ce travail de méditation est marqué par un grand discernement : Marie sait ce qu’elle doit accepter et ce qu’elle doit rejeter. Ce don s’exprime particulièrement dans le récit de l’Annonciation (Lc 1,26-38). Marie entend et voit des choses véritablement extraordinaires. Et elle est une femme dévotée, amoureuse du Seigneur. Elle est appelée « gracieuse ». Un ange lui assure qu’« le Seigneur est avec elle » et qu’elle a été choisie pour être la mère du Messie, qui s’assit sur le trône de David.
Cependant, Marie ne se laisse pas emporter. On pourrait dire qu’elle garde une certaine distance et soumet l’ange à une vérification : « Comment cela est-il possible ? Je ne connais pas d’homme ». L’ange lui répond avec précision, donne toutes les explications qu’elle recherche, et conclut que celui qui naîtra d’elle sera conçu par l’Esprit de Dieu. Alors Marie ferme son discernement, sa méditation, en acceptant les paroles de l’ange : « Si c’est de donner le consentement à l’Esprit Saint qu’il s’agit, il n’y a pas de problème, car je suis l’esclave du Seigneur. Que ce qui est dit par toi soit fait en moi ! ».Pour Marie, c’est suffisant. Elle parvient immédiatement à reconstruire tout, d’un verset à un psaume entier, d’un détail à un épisode entier, car la Parole de Dieu lui est familière. Par la méditation, lentement, Marie atteint le Verbe de Dieu, elle le concevait dans son cœur avant même son ventre. « Ce qui est dans le cœur du Fils est dans le cœur de la Mère » : Marie et Jésus vivent en parfaite harmonie. C’est ainsi que nous pouvons comprendre l’épisode des noces de Cana, la réaction de Jésus face à l’information de Marie sur le manque de vin.Je pense que Marie n’a pas accéléré le temps des miracles de Jésus, mais dans son esprit prophétique, elle a vu son arrivée et a tout préparé pour que la transformation de l’eau en vin soit accueillie comme un moment de la miséricorde divine. Le miracle des noces de Cana révèle la profondeur de l’esprit prophétique de Marie, ancré dans les Écritures et entièrement tourné vers le Verbe révélateur. À l’observation de Jésus : « Mon heure n’est pas encore venue » (Jean 2,4), Marie ne répond pas, mais elle dirige les serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ».Marie sait que l’heure est imminente. Et cette connaissance lui vient de son esprit prophétique. C’est ainsi que nous comprenons comment notre écoute attentive de la Parole de Dieu devient habile : nous comprenons les paraboles, les paroles aux significations secondaires qui servent à « révéler » (à ceux qui adhèrent à Jésus) et aussi à « cacher » (à ceux qui ne s’y adhèrent pas), et nous combinons les mots et les gestes jusqu’à découvrir « la seule Parole et le seul Geste : la Croix », révélation et don de l’Amour de Dieu.On pourrait dire que Marie écoute les paroles et comprend les paraboles, à travers le « silence » et la « vigilance », qui rendent la Parole audible, l’émerveillement face à la « compréhension » du Parlant, la « mémoire » qui garde dans l’intimité personnelle le chemin avec la Parole. En conséquence, la méditation produit une profonde conversion de notre liberté, qui est la raison de notre raison, nous orientant entièrement vers le Verbe de la Vie. La méditation de la Parole se transforme lentement en relation avec Celui qui parle et en contemplation avec Celui qui, bien qu’restant caché, permet à Ses amis de Le trouver et de Le voir : « l’écoute attentive de la Parole provoque un regard capable de percer le mystère ».
Le regard pénétrant de Marie
Pour comprendre le regard de Marie, sa capacité à s’immerger par la foi dans le mystère de l’Amour de Dieu, il nous faut l’accompagner jusqu’au Calvaire, aux pieds de la Croix de Jésus. C’est là qu’elle voit ce que les autres ne voient pas : son regard prophétique, “regard pénétrant” (Nm 24,3), entrevoit la Présence dans toutes les présences lors de la manifestation suprême de l’Amour divin. Nous lisons qu’ “toutes les foules qui étaient venues pour assister aux événements se mirent à battre leur poitrine. Pendant ce temps, les amis de Jésus et les femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée se tenaient à distance, observant tout ce qui se passait” (Lc 23,48-49).
L’événement de la mort de Jésus est qualifié par Luc de “théorie“, un mot grec aux significations profondes : théorie était l’explication suprême de tout. Luc trouve sur la Croix cette explication de tout et, avec Luc, Marie, qui voit ce que les autres ne voient pas, car ses yeux sont lavés par les larmes et déchirés par la douleur.
Pour pénétrer par le regard dans le mystère de l’Amour de Dieu, il est nécessaire que d’abord le mystère pénètre le regard, adoucissant le cœur. La prière réalisée par le regard, à la fois extérieur et intérieur, jaillit de la manifestation suprême de l’Amour de Dieu pour l’homme. La Croix devient ainsi le cœur de la vie contemplative, car c’est l’endroit où l’Amour est déversé sur nous. La Croix est l’Icône de la charité de Dieu, comme l’a exprimé de manière belle Saint Maxime le Confesseur, le don plein de l’Amour de Dieu pour l’homme. Il est ainsi possible de comprendre ce que le deuxième Concile de Nicée (787) affirme dans la définition dogmatique, en précisant le type de vénération réservé aux images sacrées.
Il ne s’agit pas, selon notre foi, d’un véritable culte de latrie, réservé uniquement à la nature divine, mais d’un culte similaire à celui rendu à l’image précieuse et vivifiante de la Croix, aux saints Évangiles et aux autres objets sacrés, en les honorant par l’offrande d’encens et de bougies, comme on le faisait dans les temps anciens. Car « l’honneur rendu à l’image est transmis à celui qu’elle représente », celui qui vénère l’image vénère la personne représentée.À cet égard, il apparaît clairement que, si nous voulons mûrir dans la prière et la contemplation du mystère de la Croix, qui est le trône du Agneau autour duquel l’Église se rassemble, nous devons découvrir, peut-être redécouvrir, la tradition iconographique de l’Église. Il existe une iconographie dans l’Église d’Orient et d’Occident : la première est plus figurative et trouve son expression la plus caractéristique dans la peinture (ou plutôt l’écriture) des icônes, la seconde est plus abstraite et trouve son expression la plus caractéristique dans l’architecture (en particulier le gothique).Aujourd’hui, il existe encore des opportunités uniques : la Croix, le crucifix, le cierge pascal, l’autel sont des images à déchiffrer et à interioriser, qui entrent comme des images sacrées dans l’action liturgique. Il y a aussi une redécouverte de l’art des icônes, latines et byzantines, qui offrent une opportunité singulière pour la prière. Cependant, pour « lire » ces images, il est nécessaire d’adopter une méthode, sinon nous risquons de tomber dans le sentimentalisme ou d’attribuer des significations complètement gratuites, ce qui ne favoriserait pas une contemplation sage, en harmonie avec la tradition vivante de l’Église et en accord avec la liturgie.Si une icône est comprise, en recevant son service de référence à l’archétype, elle permet une *lectio divina* plus profonde et claire qu’un texte des Sacrés Écritures ne pourrait le faire. Une méthode positive pour lire les icônes peut être résumée en cinq moments :– Thème. – Narration. – Stimul. – Distance. – Labyrinthe.Découvrir le thème, même avec l’aide de l’inscription, signifie identifier le texte des Écritures auquel l’icône se réfère. Chaque icône doit rendre visible, par le dessin et les couleurs, ce que les Écritures annoncent par les mots. Le thème est alors exprimé dans l’icône par une langue visuelle et cela crée une sorte de narrative, une séquence d’images qui font de l’icône un équivalent visible de la réalité invisible à laquelle elle se réfère et qu’on croit.L’incitation se rapporte à la fonction des couleurs, car la couleur est un stimulus psychoémotionnel. Une lecture correcte de l’icône permet d’identifier la couleur centrale et les couleurs secondaires, qui s’harmonisent comme les notes d’une musique. L’aspect chromatique et son symbolisme implicite sont responsables de la force thérapeutique des icônes, capables de guérir l’imaginaire et de le libérer de l’agressivité d’images perverses.Cependant, il est également nécessaire de maintenir une distance des stimuli chromatiques, car l’homme n’est pas seulement imaginatif (nuit), mais aussi rationnel (jour). Nous sommes conduits à cette opération par la découverte de la périgrafe de l’icône, du symbolisme géométrique et abstrait subliminal.Chaque icône a son secret, offre son trésor, au-delà de ce qui se voit immédiatement. Et ce trésor suggère le symbole du labyrinthe, car la lecture de l’icône est comme un chemin qui mène à la salle du trésor, à Jérusalem céleste, comme dans les labyrints que l’on trouve dans le chant de certaines églises anciennes, parcourus à genoux par les pénitents, en substitution à la pèlerinage en Terre Sainte. Chaque icône se présente comme une petite iconostase, qui cache et révèle, pour les yeux perçants, le mystère de la foi. Il est comme un labyrinthe à parcourir à genoux, lentement, jusqu’à découvrir le point de rayonnement qui brûle notre regard, nous faisant réfléchir avec amour sur ce qui est réel, mais invisible.Le feu qui brûle le regard, introjecté, allume le cœur et réchauffe la prière et la contemplation. Si un icône n’est pas consommé par le regard, il restera comme une surface externe, peut-être aussi belle qu’il soit regardé à plusieurs reprises, jusqu’à devenir respectable. Cela pourrait conduire à l’idôlatrie, une manipulation impie de l’icône.> Marie, la contemplation de DieuMarie réalise pleinement la théorie divine., c’est-à-dire la compréhension entière de l’Amour de Dieu pour l’homme, et en même temps, elle devient un exemple de salut, de l’orientation de notre existence vers Dieu. Dans la Mère de Jésus, la contemplation, en tant que théorie et en tant que temple, devient parfaite. “Tous ceux qui sont guidés par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont enfants de Dieu, et votre corps est un temple de l’Esprit Saint qui est en vous, que vous avez de Dieu” (Romains 8,14. 1 Corinthiens 6,19).La contemplation, en tant que théorie, trouve son sens à la Croix, d’où Jésus déverse l’Esprit. En tant que temple, elle acquiert son sens au Pentecôte, qui place Jésus au centre de l’Église comme la source qui jaillit pour la vie éternelle : “Jesus, levant les yeux, dit d’une voix forte : Si quelqu’un a soif, venez à moi et buvez ! Celui qui croit en moi, comme dit l’Écriture : Des sources d’eau vive jailleront en lui. Il disait cela à propos de l’Esprit que ceux qui en croient recevraient, car l’Esprit n’était pas encore donné, car Jésus n’avait pas encore été glorifié” (Jean 7,37-39).La contemplation chrétienne, évangélique, n’est pas une spéculation philosophique, mais un événement qui implique la charité de Dieu et relie la Croix au Pentecôte, à travers “l’amour de Dieu déversé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné” (Romains 5,5).Marie est la contemplation de Dieu, car elle est la demeure de l’Esprit Saint, le temple de l’Esprit Saint. Marie est ouverte au Donateur dans le don qu’elle reçoit. En tant que charismatique, elle se transforme continuellement en une femme spirituelle, elle se donne au Donateur, recevant toujours le don de Dieu. Ainsi, elle est totalement orientée vers Dieu.Il n’est pas surprenant de trouver Marie au Cenacle, non loin du Calvaire, avec les apôtres et les autres disciples de Jésus, “qui persévéraient avec une seule âme en prière, avec des femmes, dont Marie, mère de Jésus” (Actes 1,14), attendant la venue de l’Esprit Saint promise par Jésus. Au Cenacle, Marie dirige la prière des disciples de Jésus : il semble qu’elle continue, dans une autre dimension, son service aux noces de Cana.La nuit de Pâques, Jésus s’est présenté au milieu du Cenacle, avec les portes fermées, pour libérer ses disciples de la peur, par le don de la paix et de l’Esprit. Nous sommes à nouveau au Cenacle, mais Jésus n’est plus présent, car il est monté au ciel. Cependant, Marie est là (l’iconographie artistique la place parfois à la place de Jésus), dirigeant la prière de l’Église na naissance, l’assemblant autour d’elle comme un centre.
Marie peut réellement être le centre dans la prière de l’Église, car elle est totalement centrée en Christ. Elle est parfaitement unifiée : Marie et Jésus sont un. Marie est le temple du Dieu vivant, car dans son sein, dans son cœur et dans son esprit, l’Esprit de Dieu a trouvé une demeure permanente. Il n’est donc pas exagéré de dire que Marie ne prie pas, elle est la prière. Marie ne contemple pas, elle est la contemplation.
Le contemplatif chrétien est celui qui a centralisé et concentré toute son existence en Christ, devenant la demeure du Saint-Esprit. La demeure est stable et la concentration est continue. Le contemplatif vit et comprend tout ce qui lui arrive dans le sens juste, car la Parole de Dieu résonne toujours dans son cœur, le maintenant en relation avec le Parlant.
En même temps, le contemplatif, bien centré en Christ, étend la présence de l’Esprit qui habite en lui, rayonnant l’amour de Dieu dans l’Église et dans le monde. Cela confirme une belle définition de la contemplation par Saint Grégoire le Grand : “La vie contemplative est de vivre l’amour de Dieu et du prochain avec tout le cœur et avec le seul désir de s’attacher au Créateur“.
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Sur Marie comme modèle de contemplation et de vie intérieure, consultez l’Exhortation Apostolique Marialis Cultus du Pape Paul VI.
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