Comment devons-nous, comme Marie, nous ouvrir à Christ pour rencontrer Dieu.

Avec la foi de MarieOuvrons-nous, comme Marie, à Christ, par qui Dieu nous réconcilie avec lui. Qu’est-ce que cela implique spirituellement ?Tout d’abord, regardons la réalité historique, dans sa totalité et dans sa dimension personnelle, à la lumière de la Bible. Dieu conduit l’histoire et il est nécessaire d’avoir foi en Dieu : croire en Dieu, croire en Dieu.Croire en Dieu. Il ne faut pas ici parler, par principe, d’athéisme : celui-ci doit être rejeté. Celui qui adhère à un tel athéisme ne soupçonne même pas la possibilité de s’harmoniser avec Marie. Pour lui, Marie n’est au mieux qu’une simple femme comme les autres. Cependant, il existe un certain agnosticisme pratique qui peut toucher aussi bien les chrétiens. Le sécularisme, si répandu de nos jours, peut favoriser cet agnosticisme : on vit comme si Dieu et Christ n’existaient pas. Au maximum, on fait appel à Christ dans des situations limites, comme lorsque la mort est sur le point de mettre fin à notre histoire. Dans ces cas, il peut exister des formes de recours à Christ et aux saints qui ont quelque chose de magique. Il en faut bien plus. Mais la miséricorde de Dieu, en réconciliant, n’a pas de limites.Croire en Dieu. Isabelle dit à Marie, faisant allusion à sa foi : «Bien-aventurée celle qui a cru ce qui lui a été dit, cela lui sera accompli». En plus de croire en Dieu, il faut croire en la Parole de Dieu, lui faire confiance et se régler selon la Parole de Dieu.C’est un comportement fondamental et décisif pour la réconciliation. Jésus, dans sa prédication, a constamment affirmé la nécessité de cette foi en Dieu. Je rappelle deux moments de cette doctrine : une fois, lorsqu’il parle de la réconciliation. Une autre fois, lorsqu’il parle implicitement, précisément, de Marie.De la réconciliation comme conversion de toute la personne à Dieu, Christ a parlé, comme nous le dit l’Évangile de Marc, juste au début de sa prédication : (Mt 4, 17) «Approchez-vous, et écoutez : toutes les choses qui ont été prédites par Isaïe le prophète s’accomplissent en vous. L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a oint pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle, pour envoyer les captifs en liberté et les aveugles à la vue, pour libérer les opprimés et annoncer une année de grâce du Seigneur».Les exégètes remarquent que, dans la pratique, l’Évangile était lui-même Christ. Il faut également noter que Jésus fait un appel direct au temps, kairós, comme moment intensif et maximal de l’histoire de la salut, qui coïncide avec le moment de la fin du peuple de Dieu pour la réconciliation. Mais le peuple n’a pas cru, sauf un petit «Reste», comme il le dira lui-même : (Lc 10, 21) «Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, car tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et les as révélées aux petits enfants».Les sages et les intelligents sont ici ceux qui, au lieu de se convertir eux-mêmes selon la Parole de Dieu, convertissent la Parole de Dieu et le Christ lui-même selon leurs propres catégories et modèles culturels. Et il est également nécessaire de noter ici comment Jésus exalte la foi des « pauvres de Yahvé », qui constituaient le « reste » d’Israël, ceux qui allaient devenir le véritable nouveau peuple de Dieu. Ils croient en l’Évangile et changent de mentalité : ils s’ouvrent à la réconciliation que Dieu opérait en Christ.
Encore une fois, Jésus fait référence à cette foi dans la Parole de Dieu, cru avec fidélité, faisant implicitement allusion à la foi de Marie. Cet épisode est raconté par Saint Luc : (Lc 11, 28) « Pendant que Jésus parlait, une femme, au milieu de la foule, leva la voix et dit : Bienheureuse celle qui a conçu et qui a enfanté le Christ. Mais Jésus dit : Bienheureuses plutôt celles qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent ».
C’est-à-dire, elles la gardent dans son authenticité, en la méditant et en la mettant en pratique. C’était la manière de Marie, comme le dit le même Luc : méditer sur les événements de Jésus, chargés d’enseignements, et sur ses paroles : (Lc 2, 19) « Marie, quant à elle, conservait toutes ces paroles et les méditait dans son cœur ».
Avec le silence de Marie
Pour nous ouvrir, avec Marie, à Christ, par lequel Dieu nous réconcilie avec lui-même, et pour nous harmoniser avec la foi de Marie, il est nécessaire que nous nous fassions petits, simples. Il est nécessaire que, dans la mesure du possible, nous puissions dire avec Marie : Dieu pose son regard sur notre condition humble, sur notre pauvreté acceptée, loin de tout voile de fierté, de toute possession égoïste, de toute ostentation, contents d’être négligés, faisant du silence notre parole habituelle.
Tout l’Évangile parle du silence de Marie. Elle laisse les autres femmes servir Jésus et lui donner ce qui lui est dû, comme le confirme lui-même Luc (Lc 8, 3).
Je me souviens d’une réflexion qu’un avocat, Carnelutti, a faite il y a environ quarante ans lors d’une conférence. Il disait : quelle a été la douleur intime de Marie lorsqu’elle a entendu Jésus dire à ceux qui voulaient le suivre : (Lc 9, 58) « Les renards ont leurs tanières et les oiseaux du ciel leurs nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête ». Pour une mère, ne pas pouvoir offrir un foyer à son fils est une grande douleur. Or, elle a accepté cette douleur dans son état de pauvreté, de besoin, non tant matériel qu’spirituel : Respexit tumultum ancillae suae. Et la cause de cet isolement du Fils, et donc de son incapacité d’avoir une maison, était la discrimination dont les responsables d’Israël condamnaient les pauvres, les simples, le « Reste », dont Marie faisait partie avec son Fils.
Est-il possible, de nos jours, dans notre temps, d’un état de discrimination envers ceux qui veulent rester fidèles à la Parole de Dieu, à l’amitié avec Dieu ? Non seulement c’est possible, mais cela existe et devient de plus en plus vaste et douloureux. Une grande foule de personnes se trouve dans la condition de vivre en elles-mêmes les Béatitudes proclamées par le Seigneur.
Dieu ne veut certainement pas qu’il y ait de discriminations : il veut que tous disent : Père notre qui es aux cieux, et qu’ils soient tous frères. Il encourage et récompense ceux qui travaillent pour que les discriminations cessent. Mais, en réalité, la « pauvre gente » qui doit souffrir d’être ridiculisée pour sa propre condition, comme si elle était incapable, existera toujours, par la malice des hommes. C’est pourquoi il faut toujours avoir le courage de maintenir la fidélité à la véritable condition, même lorsqu’on est en situation de discrimination, de pauvreté socialement méprisée. C’est un discours difficile à faire de nos jours. Une culture domine et devient de plus en plus insistante, prêchant et imposant une conversion contraire à celle prêchée par Christ. Malgré tout, il faut rester fidèle à Christ et prêcher la vraie conversion, la vraie réconciliation, sans violence, selon le style propre de Christ et de sa Mère.
Contempler toujours plus intimement Jésus
Une troisième chose est nécessaire pour nous ouvrir, avec Marie, à Christ, par lequel Dieu nous réconcilie avec lui-même : contempler et reconnaître Jésus. Et la raison la plus décisive qui nous intéresse ici est la suivante : seul Jésus peut nous révéler qui est Dieu, seul Jésus peut nous aider à nous réconcilier avec Dieu.
Le Prélude de l’Évangile selon Jean se termine par cette affirmation : (Jo 1, 18) « Personne n’a jamais vu le Père, mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui l’a fait connaître ».
Le même Évangile selon Jean raconte que Jésus, lors du dernier repas, répondit à Thomas qui lui disait : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas » : (Jo 14, 5-7) « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ».
Maintenant, vous le connaissez et vous le voyez.»
L’apôtre Philippe devait penser qu’après tout, il ne semblait pas qu’ils virent le Père. Il dit donc à Jésus : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira. Jésus répondit : (Jean 14, 8-10) Philippe, je suis avec vous depuis si longtemps, et tu ne me connais pas ? Celui qui me voit, voit le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même. Le Père, qui demeure en moi, fait ses œuvres.
Ces dernières affirmations sont la clé pour comprendre le discours du Seigneur : toutes les paroles qu’il a dites et toutes les œuvres qu’il a faites sont les paroles et les œuvres du Père, en Christ, son ministre, en pleine union de vie. Cela signifie que le livre pour connaître Dieu le Père, qui nous réconcilie avec lui, est l’Évangile. Chaque page de l’Évangile parle de Dieu le Père. Chaque œuvre de Jésus est l’œuvre du Père.
Qu’est-ce donc que la vie de Jésus ? Il le dit lui-même, en parlant à Nicodème : c’est la manifestation de l’amour de Dieu le Père pour le monde : (Jean 3, 16) Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
Être libéré de la destruction, avoir la vie éternelle, qui est la propre vie de Dieu, n’est autre chose que l’œuvre de la réconciliation. « Dieu a réconcilié le monde avec lui-même en Christ, et n’a pas imputé aux hommes leurs transgressions », nous a déjà dit Paul (2 Corinthiens 5, 19).
Quelle a été la conduite de Jésus envers les pécheurs ? Dit l’Évangile de Luc : (Luc 15, 1-2) Les publicains et les pécheurs se rapprochaient de lui pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Il accueille les pécheurs et mange avec eux.
Et après avoir dit ces paroles, il parla du pasteur qui va à la recherche de l’agneau égaré, puis du père du fils prodigue. Ce sont les pages qui, il y a deux mille ans, ont révélé au monde qui est le Dieu de Jésus-Christ, pour lequel, bien que le monde soit contaminé par le péché, celui qui s’en repent encore peut espérer être pardonné et retrouver l’amitié avec Dieu.Encore une réflexion sur ce point si important, qui révèle jusqu’à quelle extrémité a atteint la miséricorde de Christ en réconciliant le pécheur avec Dieu. J’évoque un moment solennel de cette réconciliation, auquel Marie était également présente, intimement unie à Son Fils en ce temps-là. Je fais référence à la conversion du voleur repentant sur la croix, à côté de Jésus.Il a dit qu’il est nécessaire de connaître et de reconnaître Jésus pour Le connaître, qu’Il vient à nous pour nous réconcilier et nous ouvrir à Lui. Observons la conduite du voleur qui, après son arrivée au Calvaire, ne connaissait pas Jésus. Il est difficile de penser qu’il était religieuxment préparé, même si l’affirmation de Marc, selon laquelle les deux voleurs insultaient Jésus (Mc 15, 32), s’étend aux deux, à l’exception du voleur impénitent, comme le pensent certains exégètes. Il était donc, bien qu’en souffrance sur la croix, touché par la conduite de Jésus, il commençait à Le connaître, confrontait sa propre conduite à celle de Jésus, se repentait, s’ouvrait à Dieu qui venait à lui avec son amour. Voilà le repentir et la prière : « Souviens-toi de moi dans ton Royaume ». Et Jésus lui offre son amitié et celle du Père, l’ouvrant à Son Royaume : (Lc 23, 39-43) « Aujourd’hui, tu seras avec moi au Paradis ».Et Marie est là, souffrant et priant.Christ nous aide à nous réconcilier avec DieuL’Évangile de Jean nous dit qu’en l’après-midi de Pâques, Jésus ressuscité, alors que les apôtres étaient enfermés chez eux par crainte, est venu et est entré par la porte fermée, et la joie fut grande parmi les apôtres. Ensuite, Jésus leur a donné la paix pour la deuxième fois, a soufflé sur eux et a dit : (Jo 20, 21-23) « Recevez l’Esprit Saint. À ceux dont vous pardonnerez les péchés, ils vous seront pardonnés. À ceux dont vous retiendrez les péchés, ils vous seront retenus ».Ainsi, comme l’a affirmé le Concile de Trente, Il a institué le sacrement de la réconciliation pénitielle. On remarque que tant le dernier acte de Jésus sur la croix que le premier comme Ressuscité, est une réconciliation avec le pardon des péchés. Il est également nécessaire de noter que, lors de la communication de l’Esprit Saint aux apôtres, il souligne quel doit être le véritable dynamisme qui génère dans l’âme la nouvelle vie, effaçant les péchés, qui ne sont plus imputés au pécheur. C’est certes le prêtre qui absolve, mais le prêtre n’est qu’un simple instrument ministériel de la vertu rédemptrice qui émane de Jésus-Christ Ressuscité. Et l’humanité de Christ, morte sur la croix et ressuscitée, enseigne Saint Thomas, opère à son tour comme ministre principal de Dieu, le seul qui peut pardonner les péchés, car c’est le seul dont procède l’Esprit Saint et, par conséquent, la grâce sanctifiante (Saint Thomas d’Aquin, *Summa Theologiae* III, 62, 1 ; 64, 1).C’est donc Jésus, en tant que Ressuscité, qui, par la force de sa mort sur la croix, victorieuse sur le péché et sur notre mort, prend le pécheur en lui et le transforme, par le baptême et le mouvement divin de l’Esprit Saint, d’un pécheur en un pénitent. Ainsi, par l’absolution, il le sanctifie et le réintègre dans la communion de son corps mystique, qui est l’Église.C’est Saint Thomas d’Aquin qui enseigne tout cela avec vérité. Et, dans ce sens, je disais que Jésus nous aide à nous réconcilier avec Dieu : il nous aide à nous transformer en profondeur dans la nouvelle vie de vrais amis de Dieu.En nous unissant de plus en plus à la charité de Marie, qui coopère au naissance des fidèles dans l’ÉgliseJ’ai dit que, sur la croix, alors que Christ réconciliait avec Dieu le voleur pénitent, Marie était présente. Passivement ? La théologie droite nous dit qu’elle était en parfaite harmonie avec l’amour du Fils pour l’humanité. Et l’amour, à cette heure, poussait Jésus à accepter la mort qui lui était infligée, non passivement, mais en la prenant pour la transformer en mort du péché et de la propre mort de l’homme, et ainsi réconcilier toute l’humanité avec Dieu. Il est clair que l’amour de Marie pour son Fils souffrait, et, en même temps, elle acceptait sa mort avec la même tension du *fiat* prononcé au moment de l’incarnation. En profondeur, dans la mort du Fils, elle sentait mourir aussi elle-même. Et, avec le Fils, elle faisait la même prière au Père : « *Père, pardonne-lui, il ne sait ce qu’il fait* ».C’est Saint Augustin qui voit, dans l’amour de charité de Marie, cette intention de coopération et d’œuvre salvifique de toute sa vie avec le Fils. Saint Alphonse reprend ces paroles du célèbre Nicole : « Comme il a été proprement sur le Calvaire que Jésus-Christ a formé son Église, il est clair que la sainte Vierge a coopéré de manière excellente et singulière à cette formation. Ainsi, elle a commencé, sur le Calvaire, à être de manière particulière Mère de toute l’Église » (Nicole, *Instructions théologiques et morales sur la prière dominicale, la salutation angélique, etc.*, troisième instruction, chapitre 2).Et Saint Alphonse conclut : « Ainsi, pour dire tout en peu de mots, le Très-Saint, pour glorifier la Mère du Rédempteur, a déterminé et disposé que la grande charité d’elle prie pour tous ceux pour qui son Fils divin a payé et offert le prix superabondant de son précieux sang, dans lequel est notre salut, vie et résurrection » (Saint Alphonse de Ligori, *Les Glories de Marie*, « *Avertissement au lecteur* »).ConclusionS’ouvrir à Christ avec Marie, pour aller à la rencontre de Dieu, n’est pas ajouter une voie parallèle au seul Médiateur, mais entrer, avec un réalisme spirituel, dans le mode concret que Dieu a lui-même choisi pour conduire l’histoire de la réconciliation. La foi de Marie n’est pas un ornement dévotionnel : elle est un modèle et, plus encore, une forme et une manière ecclésiale d’accueillir le *kairós* de Dieu, le temps plein où le Royaume se rapproche et convoque à la conversion (Mt 1, 20-21). C’est pourquoi convoquer la bien-aimée Marie ne suffit pas si la bien-aventurance ne devient pas exigence : écouter la Parole, la garder et la vivre, comme le déclare Christ être la véritable grandeur de ses disciples, et comme le confirme sa propre vie (Lc 1, 28. Lc 2, 19). La réconciliation commence alors là où l’Évangile la place toujours : dans la foi obéissante, qui croit en Dieu et croit à Dieu, et qui ajuste la vie à la Parole, sans convertir la Parole à nos catégories.Cette ouverture ne se réalise cependant pas sans le silence, c’est-à-dire sans la pauvreté intérieure qui accepte d’être petite devant Dieu. Le silence de Marie n’est pas une absence, mais un consentement, une disponibilité et une timidité sans ostentation. C’est l’espace où la personne laisse de s’approprier pour être appropriée par Dieu, et ainsi peut recevoir le Christ réconciliateur. À une époque où la culture dominante pousse souvent à une conversion contraire à celle de Christ, le silence marial devient une résistance évangélique : fidélité sans violence, fermeté sans arrogance, persévérance sans amertume. C’est dans cette timidité que les Bien-aimés cessent d’être un idéal abstrait et deviennent un mode d’existence : le courage serein de rester timide, fidèle, simple, même lorsque cela implique de la discrimination et de la perte de prestige.
Mais le point décisif, sans lequel tout se dissoudrait en moralisme, est celui-ci : s’ouvrir à Christ exige le connaître et le reconnaître. Seul lui révèle qui est Dieu, car en lui les paroles et les œuvres sont celles du Père. L’Évangile n’est donc pas seulement un texte à lire, mais le livre vivant dans lequel Dieu se donne à connaître comme miséricorde qui réconcilie, comme Père qui cherche, pardonne et rend l’amitié. C’est pourquoi la réconciliation n’est pas seulement un sentiment intérieur, mais un passage réel de la mort à la vie : le pécheur, touché par la présence de Christ, apprend à dire la prière de repentir et reçoit la promesse de la communion définitive (Lc 23, 39-43). De même, le Ressuscité fait de la réconciliation le premier geste pascal pour l’Église, lui communiquant le Saint-Esprit et lui confiant le ministère du pardon (Jo 20, 21-23) : le pardon n’est pas un acte humain isolé, mais une action du Christ ressuscité qui, intérieurement, recrée le cœur et réintègre le fidèle dans la communion de son Corps, l’Église.
Dans ce contexte, on comprend pourquoi la charité de Marie, unie à la charité du Fils, n’est pas une présence passive sur la croix. Elle est en parfaite harmonie avec l’amour rédempteur, un consentement maternel à l’offrande du Fils et, par conséquent, une coopération ecclésiale : là où Christ forme l’Église, Marie entre de manière unique dans la maternité spirituelle du peuple réconcilié. Ainsi, l’ouverture mariale à Christ ne se termine pas dans une expérience privée, mais débouche sur une réalité communautaire et missionnaire : devenir un nouveau peuple, c’est-à-dire l’Église pour le monde. Et le Magnificat, alors, n’est plus seulement un chant, mais devient un programme : proclamer, par la vie, que Dieu abaisse les idoles de l’orgueil et élève les humbles, faisant de la pauvreté accueillie l’endroit où la réconciliation commence à générer une nouvelle histoire.En somme, la réconciliation avec Dieu, en Christ, demande de nous ce qui a d’abord brillé en Marie : une foi qui se abandonne, un silence qui accueille, un vivant de Jésus contenu, et une charité qui se donne. Celui qui s’engage sur ce chemin découvre que la réconciliation n’est pas seulement un retour au passé, mais une naissance vers l’avenir : une nouvelle vie dans l’Esprit, une communion ecclésiale, et le courage de vivre, au milieu du monde, comme un véritable ami de Dieu.Poursuivons cette réflexion sur Marie et la réconciliation : Marie, en Christ, nous réconcilie avec nous-mêmes et Avec Marie, pour une communauté chrétienne réconciliée. Pour approfondir le rôle de Marie dans la foi chrétienne, consultez l’encyclique *Redemptoris Mater* : Marie, chemin vers Christ.Marie nous ouvre à Christ car c’est le chemin que Dieu a choisi pour venir dans le monde et le chemin qu’elle a suivi pour aller à Dieu. Sa vie entière est une ouverture radicale : le « fiat » de l’Annonciation (Lc 1,38) est le modèle de la manière dont l’être humain s’ouvre au divin, non pas avec résignation, mais avec une confiance entière. La tradition spirituelle, depuis Saint Louis-Marie Grignion de Montfort jusqu’au Concile Vatican II, propose d’aller à Christ « avec Marie, par Marie et en Marie » : elle n’est pas une déviation, mais le chemin le plus sûr et le plus aimant vers Dieu.
Lorsque Élisabeth proclame « Bienheureuse es-tu qui as cru » (Lc 1,45) et lorsque le Magnificat annonce que « tous les âges me diront bienheureuse » (Lc 1,48), le terme « bienheureuse » (makaria/beata) n’est pas simplement un compliment : c’est une proclamation théologique. Marie est bienheureuse parce qu’elle a cru avant de voir, parce qu’elle a accueilli la Parole et l’a fait porter fruit (Lc 8,21). La spiritualité mariale invite les fidèles à imiter cette béatitude : non pas admirer Marie de loin, mais suivre son exemple de foi active et d’ouverture à Dieu.
La dévotion mariale peut se réduire à des pratiques extérieures (prier le Rosario, porter un escapulaire, célébrer des fêtes). Le chemin avec Marie vers Dieu est plus profond : il implique d’assimiler les attitudes intérieures de Marie, l’écoute de la Parole, le « fiat » obéissant, le service dévoué (comme lors de la Visitation), la fidélité dans l’adversité (comme au Calvaire). La mariologie authentique propose une spiritualité mariale intégrale, où la dévotion nourrit la vie et la vie exprime la dévotion, dans un mouvement constant d’ouverture à Christ à travers Marie.
Approfondissez vos connaissances en Mariologie : Si vous souhaitez étudier la Mariologie avec rigueur académique, participez à notre Pôle de Formation en Mariologie. Découvrez plus sur la Théologie mariale et les apparitions mariales approuvées par l’Église.
Master en Mariologie
Voulez-vous approfondir votre formation en Mariologie ? Découvrez la Maîtrise en Mariologie de Locus Mariologicus, une formation académique qui associe rigueur théologique, vie spirituelle et tradition vivante de l’Église.
Voulez-vous étudier la mariologie sérieusement ?
Cet article est né des œuvres de la bibliothèque de Locus Mariologicus. La formation postuniversitaire en mariologie vous amène à la même source, avec un encadrement académique : Écriture, Pères de l’Église et Magistère, du premier dogme aux questions contemporaines.
Responses