Le royaume des cieux est semblable à une sagesse céleste : une parabole de salut et Marie, étoile de la mer.

Par Prof. Dr. Daniel C. Afonso · Mis à jour le
Iterum simile est regnum caelorum sagenae missae in mare et ex omni genere congreganti. Quam cum impleta esset, educentes in littus et sedentes collegerunt bonos in vasa, malos autem foras miserunt.
Mt 13,47-48
Mt 13,47-53 conclut le grand chapitre des paraboles de Matthieu par deux courtes paraboles (la pêche et le trésor nouveau et ancien) et une question clé adressée à un scribe. La parabole de la pêche est structurellement parallèle à celle du chaume et du blé : un mélange (de bons et de mauvais poissons) qui n’est séparé qu’en fin de compte, par des moissonneurs/pêcheurs, et non par le semeur/pêcheur lui-même. La différence de contexte est significative : tandis que le chaume et le blé sont dans un champ (image terrestre), les poissons sont dans la mer, et la mer, dans l’imaginaire biblique, est souvent symbole du chaos et des forces opposées à Dieu (cf. Ap 21,1 : « dans le nouveau monde, la mer n’existe plus »).
La pêche qui capture « tous les genres de poissons » (Mt 13,47 : « ex omni genere congreganti ») est une image de l’universalité missionnaire de l’Église : l’annonce de l’Évangile ne sélectionne pas préalablement les destinataires. Le pêcheur lance la pêche en mer sans choisir qui va attraper, la sélection est postérieure, au bord de l’eau. La théologie missionnaire de cette parabole est inclusive : elle va à tous, annonce à tous, accueille tous, sachant que le discernement final appartient à Dieu, et non aux pêcheurs.
I. « Sagenae missae in mare » : la pêche universelle
Simile est regnum caelorum sagenae missae in mare et ex omni genere congreganti« (Mt 13,47), une sagena (σαγήνη) est un filet de traîne, différent du filet de pêche utilisé individuellement. Le filet de traîne opérait sur la côte : il était jeté en mer, traînait le fond, et était tiré jusqu’à la rive par de multiples pêcheurs. L’image est celle de la mission communautaire : non un pêcheur solitaire mais une communauté de pêcheurs qui travaillent ensemble pour traîner le filet à travers toute la mer.
O «tous les types» (ἐκ παντὸς γένους) que a rede apanha é a expressão da universalidade do Reino: não apenas Israel mas os gentios, não apenas os justos mas os pecadores, não apenas os doutores da lei mas os ignorantes. A Igreja como «Réseau d’attrait“C’est l’image de la catholicité qui englobe tous les types.”catholique“Signifie précisément”Selon tout(Par toute), une universalité qui n’exclut pas par catégorie.
Marie commeMère de l’Église“Est, par définition, incluse dans ce réseau universel : elle qui a dit «”Faites ce qu’il vous dit.» (Jo 2,5) à tous ceux qui étaient aux noces de Caná, elle qui était au cenacle avec les disciples de toutes sortes (Ac 1,14), est la figure de l’Église qui accueille tous, car le Fils qu’elle a engendré est venu sauver tous. La dévotion mariale qui associe Marie à la catholicité de l’Église, «Mère de toutes les nations», elle se trouve dans la parabole de la pêche son image évangélique.
II. « »Sépareront les méchants des justes.»: le jugement dernier
« »Ainsi sera-t-il à la consommation du siècle : les anges viendront et sépareront les méchants des justes.« (Mt 13,49), comme dans la parabole du joio et du blé, la séparation finale est faite par les anges, non par les hommes. La structure du jugement dans Matthieu est cohérente : les humains ne font pas le jugement final, ils n’en sont que l’objet. Le jugement appartient à Dieu par l’intermédiaire de ses messagers, la tentative humaine d’anticiper le jugement final est la tentation du fanatisme que la parabole refuse implicitement.
« »Ici sera le deuil et le cri des dents.» (Mt 13,50), l’expression de «Lamentation et serrement des dents» ce qui clôt la parabole du grain (tout comme celle de la moisson, Mt 13,42) est l’un des avertissements eschatologiques les plus sévères de Matthieu. Il ne s’agit pas de sadisme théologique, mais de la gravité du choix que constitue chaque vie humaine. »Faire de bons et de mauvais poissons« Ce n’est pas une attribution arbitraire mais le résultat cumulé de choix tout au long d’une vie. Le jugement révèle ce que la personne a choisi d’être, il n’impose pas de catégorisation de l’extérieur. »
Marie et le thème du jugement : la tradition de l’«Le Jugement DernierDans l’art médiéval, Marie était souvent représentée comme intercessrice auprès du Christ juge (iconographie de la Deesis). Cette représentation n’conteste pas le jugement divin, elle exprime la confiance en la médiation mariale. l’intercession de Marie comme «Notre avocate» (Salut, ReineMarie intercede pour ceux qui ont encore le temps de se convertir, non pour ceux qui ont déjà été définitivement séparés. Son intercession est, comme dans la parabole de la pêche, une action de pêche, aider ceux qui sont encore en mer à atteindre la rive avant la séparation finale.
III. «
« Tout scribe instruit dans le royaume » : un trésor nouveau et ancien »
Omnis scriba doctus in regno caelorum similis est homini patrifamilias, qui profert de thesauro suo nova et vetera” (Mt 13,52), la petite parabole de l’écrivain du Royaume conclut le chapitre des paraboles avec une image d’intégration : l’écrivain qui « rassemble ensemble ».”a compris« (Mt 13,51) ne laisse pas le vieux trésor (la Torah, les Prophètes, la tradition) mais l’intègre avec le nouveau (l’enseignement de Jésus). »Nouveau et ancien(nouvelle et ancienne) est l’image de l’herméneutique chrétienne : non la substitution de l’Ancien Testament au Nouveau, mais l’interprétation de l’ancien à la lumière du nouveau.
La question de Jésus, «Comprenez-vous tout cela ?» (Mt 13,51), et la réponse des disciples («OuiIl contraste avec l’incompréhension des foules. Les disciples qui…comprenez« Ce sont les nouveaux scribes du Royaume, appelés à intégrer le trésor de la révélation précédente avec la nouveauté radicale de l’Évangile. Cette tâche est permanente dans la vie de l’Église : la »théologie« comme effort d’intégration du »Le nouveau et l’ancienC’est le ministère du scribe du Royaume.
Marie commeÉcriture du Royaumeelle quiConservait et méditait dans son cœur» (Lc 2,19.51) elle était la première à intégrer le «nouveau(le Fils de Dieu fait homme) avec le «vieux» (la tradition d’Israël qu’elle connaissait par Le Magnificat Rempli d’échos de l’Ancien Testament). Le Magnificat est, littéralement, une intégration de «Trésor nouveau et ancien‘: une nouvelle grâce reçue dans l’Annonciation Cantique avec les paroles des Psaumes, du Cantique d’Anna (1 Samuel 2,1-10) et des Prophètes. Marie qui a chanté le Magnificat est le modèle de la foi et de la louange. Elle a exprimé la plénitude des temps (la plenitude des temps) en accueillant l’Esprit Saint et en portant en elle le Fils de Dieu, notre Sauveur Jésus-Christ. Sa joie et sa confiance en Dieu sont une source d’inspiration pour tous les croyants, nous invitant à louer le Seigneur avec une foi mariale et une espérance inébranlable.Écriture du Royaume“, qu’elle a prononcé de cœur, “Nouveauté et ancienneté».
IV. Marie et la rédemption du royaume : présence sur la mer et sur la rive
L’image du filet jeté à la mer a une application mariale que la tradition a développée subtilement : Marie commeRédemption“par son intercession, attire les hommes vers la rive du jugement final.”Étoile de la Mer» (Stella Maris, attribué à Marie depuis au moins le IVe siècle, basé sur un jeu d’étymologie avec «Marie» = «La petite mer de Marie», la goutte de mer) trouve ici son sens symbolique : l’étoile qui guide les pêcheurs dans la mer sombre, celle, dans le symbolisme maritime, qui oriente ceux qui naviguent vers la rive sûre.
Marie qui était présente dansles deux moments« De la rédemption, depuis l’Annonciation (le moment où le Fils est entré dans le mar de l’histoire humaine) jusqu’au Cenacle (le moment où l’Église a commencé à tirer la rédemption), c’est la figure de la présence maternelle tout au long de la mission. De »Faites“qui jeta le Fils dans la mer de l’histoire”orante« À la table du Cenacle, Marie attendit le Saint-Esprit pour que la pêche au Royaume puisse commencer. Elle accompagne toute l’histoire de cette pêche. »
Le 30 juillet, dans le calendrier liturgique, n’a pas de fête particulière, c’est un jour de Temps ordinaire où la Liturgie des Heures et l’Eucharistie quotidienne sont remplies par la prière régulière. Mais la parabole de la pêche invite à une méditation sur l’universalité de l’Église qui pêche : l’Église qui, chaque jour, lance la file au large de l’humanité et attend patiemment la récolte du jugement final. Marie, Stella Maris, oriente cette pêche quotidienne.
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